« La mécanique, c’est mon désir et à la pause, on parle de nos pays » : au cœur du chantier d’insertion qui répare les voitures et les vies

Au CTSC (centre technico-social cadurcien), le chantier d’insertion offre une véritable mise en situation professionnelle dans le domaine de la mécanique automobile. Support de travail et de formation, l’atelier fonctionne sous le regard professionnel de son directeur, Mengistu Haïlu, très attaché à l’idée de « donner une identité professionnelle, c’est le plus important » .

Aujourd’hui, l’atelier réunit des parcours de vie riches et souvent marqués par l’exil, les ruptures professionnelles ou la maladie. « Ici, c’est ma famille… » Richard, originaire de Madagascar, témoigne : « J’ai appris plein de choses. J’ai davantage d’expérience. J’espère trouver du travail en mécanique. » Mohamed Ali arrive de Somalie où il était chauffeur et mécanicien. Contraint de fuir la violence, il confie : « J’aime la mécanique et j’ai pour projet d’entrer à l’École des métiers. » Rafiq, venu d’Afghanistan, a travaillé en carrosserie avant de devoir quitter son pays : « À Paris, l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) m’a envoyé à Cahors. J’espère intégrer l’École des métiers pour préparer un CAP. » Ahmed, originaire du Soudan, exerçait comme électricien. La guerre l’a poussé à partir : « La mécanique, c’est mon désir. Ici, on travaille en équipe. À la pause, on parle de nos pays. J’espère préparer un CAP. » Il bénéficie aussi du soutien et de l’accompagnement de l’association Amigrants.

Cyril, venu de Dordogne après une longue maladie, voit dans le chantier d’insertion « un tremplin pour rester dans la mécanique » .

Mostafa, électricien automobile au Maroc dans sa jeunesse, vit dans le quartier depuis quarante ans. À la retraite, il continue de s’investir avec enthousiasme : « L’atelier m’a beaucoup aidé. Aujourd’hui, je viens rendre service. Ça m’occupe très bien ! » Deux participants ont récemment obtenu le CAP Maintenance des véhicules. Une grande fierté, mêlée à l’inquiétude du passage vers la vie professionnelle. Avis aux employeurs intéressés !

Abdelhalim Jaouber, déjà titulaire d’un CAP, allait 3h/semaine à l’École des métiers. Au CTSC, il apprécie l’esprit de solidarité et la mise en pratique des acquis : « J’ai découvert de nouvelles réparations. J’ai appris à changer les courroies de distribution… » Mohammed Abdi, originaire de Somalie, a trouvé au CTSC stabilité et motivation : « À l’École des métiers, le matériel est plus moderne, mais ici j’ai appris à changer un embrayage, une courroie de distribution… Le CTSC m’a aidé à acquérir une voiture et à financer le permis. Ici, c’est comme ma famille. J’ai déposé plusieurs CV et j’attends des réponses. » Ce vendredi 19 décembre, pour clôturer l’année, un repas convivial avec tajine et délicieuses pâtisseries a réuni salariés et administrateurs de cette structure profondément ancrée au cœur du quartier. Une mention particulière aux excellentes cuisinières au grand cœur investies entre autres au café social.

Reprise le 2 janvier – Contact : 05.65.30.11.99 – Site : assoctsc.fr

Source de l’article : ladepeche.fr