Filière oléagineuse : un centre technique à Meknès pour réduire la dépendance aux importations
Lors du lancement du projet de création du Centre technique des oléagineux de Meknès (CTOM), le 8 janvier 2026, dans l’Agropole de Meknès. Crédit : DR
Le projet de création du Centre technique des oléagineux de Meknès (CTOM) a été officiellement lancé le jeudi 8 janvier au sein de l’Agropole de Meknès, marquant une nouvelle étape dans la structuration de la filière oléagineuse marocaine. Portée par la Fédération interprofessionnelle des oléagineux (FOLEA), en partenariat avec Agropol et le groupe Avril, cette initiative vise à doter les producteurs de colza et de tournesol de la région Fès-Meknès d’un outil de proximité, ancré dans leur territoire et orienté vers des solutions techniques et organisationnelles durables.
Pensé comme un véritable levier de terrain, le CTOM s’inscrit dans un contexte de forte dépendance du Royaume aux importations de matières premières oléagineuses, avec un taux de couverture nationale limité à 2 %. L’enjeu est désormais clairement identifié : renforcer la production locale, améliorer la compétitivité des exploitations agricoles et consolider, dans la durée, la souveraineté alimentaire du pays.
Au cœur de cette dynamique collective, le Groupement industriel des oléagineux au Maroc (GIOM), qui réunit Lesieur Cristal et les Huileries Souss Belhassan, joue un rôle central d’agrégateur de la filière. Acteur clé de l’aval, le GIOM contribue au suivi technique des producteurs, à la formation et à l’appui opérationnel nécessaires à la montée en puissance de la production nationale.
Pour Mohammed El Baraka, président de la FOLEA, le CTOM représente « un levier essentiel pour accompagner les agriculteurs au plus près du terrain, en leur apportant un appui personnalisé et des réponses adaptées à leurs besoins » , traduisant l’ambition de bâtir « une filière oléagineuse plus performante, plus résiliente et véritablement souveraine » .
Même lecture du côté du groupe Avril. Son secrétaire général, Stéphane Yrles, souligne que cette initiative donne tout son sens à la raison d’être du groupe, « Servir la Terre » , en apportant une réponse concrète aux défis de la filière : amélioration des rendements, sécurisation des approvisionnements et accompagnement des producteurs dans une transition agricole à la fois résiliente et respectueuse de l’environnement.
Inspiré par l’expérience française, le CTOM ambitionne de produire des références agronomiques fiables et directement exploitables par les agriculteurs. Comme l’explique Augustin David, président d’Agropol, un centre technique dédié permet de relier la production de données scientifiques à un conseil de proximité réactif, créant ainsi de la valeur tangible pour les exploitations et sécurisant durablement les filières agricoles.
Concrètement, le CTOM reposera sur des essais agronomiques rigoureux destinés à définir des itinéraires techniques optimaux, à documenter les bénéfices des oléagineux en précédent cultural et à diffuser ces résultats via un réseau de structures relais. L’objectif est d’améliorer la qualité du conseil agricole au plus près des exploitations, tout en faisant remonter les besoins du terrain vers la recherche et l’innovation.
Au-delà de ces missions, le centre se veut une plateforme d’expérimentation au service de l’ensemble de la chaîne de valeur. Il contribuera notamment à renforcer l’accès à des semences adaptées aux conditions climatiques marocaines et à conduire des études spécifiques, comme la valorisation de la paille de colza pour l’élevage. Une trajectoire fondée sur une conviction simple : seule une filière mieux organisée et mieux outillée permettra de sécuriser les volumes, d’améliorer les rendements et de renforcer la résilience agricole.
La journée de lancement a réuni près d’une centaine de participants, issus des administrations agricoles, des institutions publiques, du monde de la recherche et du secteur industriel. Les échanges, enrichis par une table ronde consacrée au service agricole de proximité, ont mis en lumière les difficultés d’accès au conseil, mais aussi les opportunités offertes par la mutualisation des compétences entre filières, notamment entre céréales et oléagineuses.
Les ateliers de travail organisés dans l’après-midi ont permis de poser les premières bases opérationnelles du CTOM, en identifiant les structures de conseil mobilisables, les typologies d’exploitations et les besoins d’appui prioritaires. Ces travaux serviront de socle à de futures études de terrain, destinées à affiner les dispositifs d’accompagnement.
À travers le CTOM, les partenaires du projet entendent ainsi donner à la filière oléagineuse marocaine un outil structurant, pensé pour le long terme et résolument tourné vers les territoires et les producteurs, dans la droite ligne des objectifs du plan Génération Green et du contrat-programme 2023-2030 de la filière.
Source de l’article : Le Desk



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