Ramadan 1447 : comment la science prévoit
Chaque année, la même question revient dans les foyers marocains à l’approche du Ramadan : quand commencera exactement le mois sacré ? Entre observation traditionnelle du croissant lunaire et apports de l’astronomie moderne, le processus suscite parfois interrogations et débats.
Pour le Ramadan 1447/2026, les calculs astronomiques offrent toutefois des indications claires. Abdelhafid Bani, ingénieur d’État en génie civil et membre du Projet islamique d’observation des croissants (ICOP), revient sur les données scientifiques et sur la manière dont le Maroc articule observation religieuse et rigueur scientifique.
Une nuit d’observation décisive le 18 février 2026
Au Maroc, l’observation du croissant lunaire annonçant le début du Ramadan est prévue pour le mercredi 18 février 2026, correspondant au 29 Chaâbane 1447. La conjonction astronomique, qui marque la naissance de la nouvelle lune, aura lieu la veille, mardi 17 février à 13h01.
Cette conjonction constitue un repère fondamental pour les astronomes, sans pour autant signifier que le croissant est immédiatement visible. « La conjonction indique la naissance astronomique de la Lune, mais l’observation dépend de plusieurs paramètres au moment du coucher du soleil » , précise Abdelhafid Bani.
À Rabat, au coucher du soleil prévu aux alentours de 19h15, les conditions seront particulièrement favorables. L’âge du croissant atteindra 30 heures et 14 minutes, un seuil qui facilite largement son observation. Le croissant restera visible pendant 1 heure et 13 minutes après le coucher du soleil, avec une altitude de 14,6 degrés au-dessus de l’horizon. « Avec ces données, on peut confirmer que le croissant sera facilement visible à l’œil nu au Maroc » , affirme-t-il. Sur le plan scientifique, le premier jour du Ramadan 1447 correspondrait donc au jeudi 19 février 2026.
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Comment l’astronomie anticipe la visibilité du croissant
Contrairement à certaines idées reçues, l’astronomie ne repose ni sur l’intuition ni sur l’approximation. « Il ne s’agit pas de divination » , insiste Abdelhafid Bani. La discipline s’appuie sur des lois physiques précises qui permettent de calculer la position et la visibilité de la Lune avec une grande fiabilité.
Parmi les critères pris en compte figurent la conjonction, l’âge de la Lune, son élongation par rapport au Soleil, ainsi que son altitude au-dessus de l’horizon au moment du coucher du soleil. L’ensemble de ces paramètres permet de déterminer si le croissant est visible à l’œil nu, nécessite des instruments optiques ou est totalement impossible à observer.
Ces calculs permettent également d’établir des cartes de visibilité, identifiant les zones géographiques favorables à l’observation. « Aujourd’hui, les marges d’erreur sont extrêmement réduites » , souligne-t-il, rappelant que les prévisions reposent sur des modèles éprouvés.
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Des divergences ailleurs, mais une cohérence marocaine
Malgré la précision des données scientifiques, des différences persistent parfois entre pays, et alimentent même le débat public. Pour Abdelhafid Bani, la principale explication réside dans l’acceptation, dans certains contextes, d’un témoignage visuel qui contredit les calculs astronomiques. « Dans certains cas, on accepte le témoignage d’une personne, même lorsque les calculs astronomiques confirment qu’il est impossible de voir le croissant » , explique-t-il. Il arrive même qu’un témoin affirme avoir observé le croissant à l’œil nu, alors que des équipes entières, équipées de télescopes, n’y parviennent pas.
Ce décalage entre science et témoignages isolés explique pourquoi les annonces officielles peuvent diverger d’un pays à l’autre, malgré des données astronomiques claires et concordantes.
Au Maroc, toutefois, cette situation ne se pose pas. La date officielle du début du Ramadan relève du ministère des Habous et des Affaires islamiques, qui encadre rigoureusement la nuit d’observation et centralise les témoignages à l’échelle nationale.
Abdelhafid Bani souligne d’ailleurs la cohérence de l’approche marocaine : « Depuis que j’ai commencé l’observation, il y a plus de quinze ans, l’annonce officielle au Maroc n’a jamais contredit les données scientifiques » . Une convergence entre tradition religieuse et rigueur scientifique qui limite les controverses et renforce la crédibilité du processus.
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Une attente désormais institutionnelle
Si les calculs astronomiques indiquent clairement un début du Ramadan le jeudi 19 février 2026, la confirmation officielle reste attendue lors de la nuit d’observation du 18 février, conformément à la procédure en vigueur au Maroc.
Cette articulation entre observation religieuse, encadrement institutionnel et données scientifiques illustre la manière dont le Royaume gère un moment spirituel majeur, en s’appuyant à la fois sur la tradition et sur les acquis de la science moderne.
D’ici là, les données astronomiques offrent aux Marocains un repère solide pour anticiper l’entrée dans le mois sacré, dans un climat de confiance et de cohérence.
Source de l’article : Lebrief



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