Moins d’Europe, plus de Maroc : la nouvelle orientation de Ryanair

Certes, le titre peut paraître un peu excessif vu que, bien sûr, la célèbre low cost irlandaise n’a aucune envie de quitter le continent européen. Ce qui n’empêche que le Maroc semble être le nouveau focus de Ryanair pour les mois, sinon les années, à venir au point pour elle d’avoir de grandes ambitions pour ce qui concerne l’aérien dans ce pays.

Ryanair, leader au Maroc

D’un côté il y a l’Allemagne, l’Espagne, la France avec plusieurs aéroports concernés, mais aussi localement le Danemark, le Portugal avec même les Açores comme on vous en a déjà parlé où Ryanair réduit drastiquement sa présence pour cause de taxes jugées par elle trop importantes. Et de l’autre, pour la compagnie, de nouvelles bases qui voient le jour comme dans ces aéroports du sud de l’Italie qui eux ont réduit, voire supprimé, leurs taxes aéroportuaires. Plus aussi et surtout ce ciel marocain qui apparaît désormais comme la priorité numéro 1 et un marché stratégique pour la marque. Mais pourquoi ?

S’il y a bien sûr ces problèmes de taxes qui poussent la compagnie à aller voir ailleurs, il y a également d’autres raisons toutes aussi importantes. Comme le fait que le Maroc est aujourd’hui la première destination touristique d’Afrique avec une clientèle très majoritairement européenne parmi ses presque 20 millions de visiteurs annuels, que les low cost concurrentes ne sont ici encore que peu présentes, que la taille du pays autorise un intéressant marché intérieur, que les autorités soutiennent la venue de la low cost (malgré sa concurrence avec la compagnie nationale RAM), plus accessoirement le fait que le Maroc accueillera conjointement avec l’Espagne et le Portugal la Coupe du monde de foot de 2030. Suffisant en tous cas pour avoir envie d’investir quelques milliards sur place…

C’est donc pour toutes ces raisons que Ryanair est maintenant la première compagnie aérienne du Royaume en nombre de passagers transportés avec pas loin de 10 millions sur l’année, soit 25% de plus que la Royal Air Maroc. Bien aidée en cela, c’est vrai aussi, par ces cinq bases présentes dans le pays, dont la dernière en date Rabat prévue à l’ouverture pour avril 2026. Rabat qui, après Marrakech la plus importante de toutes, devrait drainer un trafic des plus conséquents avec jusqu’à une vingtaine de lignes européennes en saison estivale.

Bref, une présence plus que conséquente pour au final 13 aéroports marocains aujourd’hui desservis (y compris en domestique), un potentiel de 11 à 12 millions de sièges disponibles sur l’année et la création à terme de presque un millier d’emplois directs nouveaux pour la compagnie qui doublera ainsi ses effectifs directs tout en soutenant plus de 10 000 emplois indirects partout sur le territoire du fait de sa présence. De quoi, c’est sûr, faire plaisir à ce Maroc qui souhaite maintenant atteindre les 30 millions de visiteurs annuels et doubler son offre aérienne d’ici la fin de la décennie…

Source de l’article : Ouest-France