EnR / Frédéric Caille : « Grâce au solaire, l’Afrique pourra devenir à terme un (…)

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Par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris

@DjuliusD @africa_presse

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Avec pour titre « Des pionniers du solaire thermique aux applications et défis industriels d’aujourd’hui » , cette session faisait intervenir autour de Jean-Luc Fessard, Président de « Bon pour le Climat » , et Jordan Slimani, archiviste de la Société d’encouragement, Pierre-André Aubert, Président et promoteur du restaurant solaire « Le Présage » à Marseille, et l’universitaire Frédéric Caille (Laboratoire Triangle, UMR ENS Lyon), qui a écrit plusieurs ouvrages remarqués sur Augustin Mouchot.

Les échanges entre les intervenants et également avec le public ont permis d’aborder différentes questions, dont le solaire en Afrique, qui semble devoir être la solution d’accès à une énergie largement disponible pour appuyer le développement productif du continent.

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Augustin Mouchot,

pionnier du solaire

Quand on pense au solaire aujourd’hui, on songe le plus souvent au photovoltaïque. Or, comme l’a rappelé Jean-Luc Fessard, il existe aussi le solaire thermique par concentration, dont nous sommes entièrement redevables à Augustin Mouchot qui a présenté en France en 1875 son modèle de four solaire, dont l’utilisation (pour la cuisson solaire, la distillation et la force mécanique) devait alors être étendue à l’Algérie.

Mais l’histoire a évolué autrement et la crainte de l’épuisement en ressources en charbon caractéristique de la fin du XIXe siècle est devenue le choix stratégique d’une autre énergie fossile, le pétrole, jugée au XXe siècle plus rentable que le soleil, mais avec les conséquences dommageables que nous connaissons maintenant au XXIe siècle, avec le réchauffement climatique.

Pourtant, « en un jour, le terre reçoit plus d’énergie solaire que les humains consomment d’énergie à l’année » , comme l’a fortement souligné Pierre-André Aubert, qui a ouvert, il y a une dizaine d’années à Marseille, ville baignée par le soleil « 400 jours par an » , un restaurant à « propulsion solaire » , autrement dit avec une cuisine élaborée à partir d’une plaque en fonte alimentée en chaleur par le soleil, grâce à la concentration de lumière par un miroir.

Mais malgré le caractère pionnier de l’invention d’Augustin Mouchot, nos sociétés industrielles ont évolué vers un monde carboné, dépendant du fossile, principal responsable de l’augmentation des Gaz à effet de serre (GES) du fait des activités humaines, avec le dérèglement climatique que cela entraîne.

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La voie radieuse du solaire

Cependant comme l’a affirmé Frédéric Caille, le solaire finira par s’imposer à nos sociétés industrielles modernes, car il ne rejette pas de CO² et parce que le coût de l’installation des panneaux photovoltaïques est sans cesse décroissant. Grâce à la chaleur solaire et à ses applications industrielles, nous pourrons alors sortir du fossile et de ses conséquences néfastes sur le climat, injustement réparties entre le Nord et le Sud.

Au Sud, particulièrement en Afrique et dans les zones intertropicales, le moteur à vapeur solaire, fonctionnant sans combustion, devrait en effet aisément trouver un jour une application pratique qu’Augustin Mouchot avait imaginé à la fin du XIXe siècle et qui a déjà été expérimenté dans les années 1970, avec des pompes à chaleur thermodynamiques déployées au Niger, au Mali et en Mauritanie. On évoquera également à cet égard la grande centrale à concentration de Ouarzazate (Maroc) et le développement de frigidaires thermodynamiques à Djibouti.

Aussi, comme l’a précisé Frédéric Caille, le solaire avec sa chaleur à la fois gratuite et inépuisable pourra contribuer, grâce notamment au photovoltaïque, à la production en Afrique d’hydrogène vert et d’engrais (comme au Kenya, à partir d’une centrale géothermique d’une puissance comparable à un réacteur nucléaire, pour laquelle 20 milliards d’Euros d’investissements ont été faits).

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Une Afrique verte

Par conséquent, l’Afrique doit investir ailleurs que dans la consommation et l’usage d’énergies non renouvelables (en particulier le pétrole et le gaz, la biomasse), pour leur préférer une énergie verte et décarbonée, comme le soleil et les sources géothermiques de grande profondeur qui semblent fortement prometteuses.

À terme, Frédéric Caille a indiqué que « l’Afrique devrait être un fournisseur d’énergie mondial et que l’électromobilité solaire devrait nécessairement s’y développer » , à partir de petits véhicules capables de se recharger (comme déjà au Cap vert), ainsi qu’au travers de la cuisson solaire (cf. le programme « little fire » , au Kenya).

L’Afrique devrait ainsi pouvoir un jour disposer de l’énergie dont elle a besoin pour se développer, gratuitement et pour les prochains siècles…. Sachant que d’après l’Agence internationale de l’énergie, les importations de panneaux photovoltaïques ont été multipliées par 10 entre 2024 et 2025.

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Pour être à jour sur le solaire :

https://celluleenergie.cnrs.fr/guide-solaire-pv-nouvelle-edition-2025/

Pour en savoir plus sur Augustin Mouchot :

https://www.fnac.com/a21712067/Frederic-Caille-La-moisson-du-Soleil

et

https://www.fnac.com/ia609724/Frederic-Caille

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Source de l’article : AfricaPresse.Paris