Condamné à cinq ans de prison à Bordeaux, l’escroc à la cryptomonnaie interpellé après une cavale au Maroc
Condamné en son absence à cinq ans de prison ferme, le 20 octobre 2025, par les magistrats du tribunal correctionnel de Bordeaux, il était visé par un mandat d’arrêt. Aric Henri Sillam, dit « Monsieur Henri » , 46 ans, était poursuivi dans le cadre d’une vaste escroquerie portant sur de faux investissements en cryptomonnaie.
Ce sont les policiers du groupe de violences aux personnes en charge de la recherche des fugitifs (Division de la criminalité territoriale) qui ont permis son interpellation. Il y a quelques jours, les enquêteurs ont découvert que l’escroc s’était mis au vert au Maroc après sa condamnation et devait prendre l’avion pour Genève cette fin du mois de décembre avant de rejoindre les siens à Lyon. Après avoir eu la confirmation de son arrivée en France, la semaine dernière, un dispositif a été mis en place pour procéder à son arrestation.
Placé en garde à vue par les policiers lyonnais, il devrait être déféré rapidement à Bordeaux pour y être incarcéré.
Un Landais a tout perdu
Aric Henri Sillam, résidait en Israël en 2018 quand il a commencé à recruter des « mules bancaires » à l’étranger pour monter une gigantesque arnaque à partir de placements frauduleux sur des pseudo-plateformes d’investissement dans la cryptomonnaie. Les escrocs créaient de faux sites Internet avant de convaincre leurs victimes en se faisant passer pour des experts vantant une rentabilité extraordinaire de ces placements. Plusieurs centaines de clients, dont la plupart habitent en Nouvelle-Aquitaine, se sont fait gruger et ont acheté ces faux produits. Le montant total du préjudice est évalué à plus de 5 millions d’euros.
Un maçon landais installé à Biscarrosse a perdu sa maison et tout son patrimoine à hauteur de 700 000 euros en investissant dans des bitcoins. En 2018, quand il est venu raconter sa mésaventure aux enquêteurs de la police judiciaire de Bordeaux, il vivait chichement dans un camping en Gironde.
L’argent transféré vers Israël
Les commerciaux agissant sous la houlette de « Monsieur Henri » vantaient leurs placements financiers aux rendements exceptionnels. Les fonds ainsi récoltés étaient utilisés pour alimenter des comptes bancaires ouverts au nom de sociétés écrans. Ces « coquilles vides » ont essaimé dans plusieurs capitales de pays européens et notamment à Lisbonne, au Portugal, et à Budapest, en Hongrie.
L’argent était ensuite transféré vers Israël dans le but de dissiper les fonds et d’empêcher toute tentative de récupération des sommes et d’identification des auteurs.
Aric Henri Sillam disposait d’un passeport français délivré au Congo. Il vivait à Tel-Aviv mais disposait d’un pied-à-terre à Casablanca. Imaginant passer sous les radars de la police française, il ne s’est pas méfié cette fin du mois de décembre, d’autant qu’il avait déjà effectué plusieurs voyages.
Source de l’article : Sud Ouest



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