Carburants : le Maroc parmi les dix marchés africains les plus chers en décembre
Le Maroc a intégré, en décembre 2025, le cercle restreint des dix pays africains affichant les prix des carburants les plus élevés, selon les données publiées par GlobalPetrolPrices et relayées par Business Insider Africa. Le Royaume occupe le 7ᵉ rang à l’échelle continentale, avec un prix moyen de 1,505 dollar le litre, soit nettement au-dessus de la moyenne mondiale, restée stable à 1,29 dollar.
À l’échelle internationale, le Maroc se classe au 54ᵉ rang mondial. Cette position marque une évolution notable dans la hiérarchie régionale, le pays ayant remplacé l’Ouganda dans le classement africain des marchés les plus onéreux. Pays non producteur de pétrole, le Maroc dépend entièrement des importations pour son approvisionnement en carburants, principalement en provenance d’Espagne et de Russie.
Un marché libéralisé et exposé aux tensions internationales
Historiquement, les prix à la pompe étaient partiellement subventionnés par l’État. Ce mécanisme a toutefois été progressivement démantelé entre 2013 et 2015, parallèlement à la libéralisation du secteur. Depuis cette date, les sociétés de distribution fixent librement leurs tarifs. Cette ouverture du marché a été suivie, fin 2023, par des sanctions infligées à neuf entreprises pétrolières pour pratiques anticoncurrentielles, pour un montant global de 1,84 milliard de dirhams.
Dans le classement africain, le Malawi arrive en tête avec un prix moyen de 2,014 dollars le litre, suivi de la République centrafricaine (1,883 dollar) et du Sénégal (1,650 dollar). Viennent ensuite le Zimbabwe, le Burkina Faso et le Cameroun, juste devant le Maroc. Derrière le Royaume figurent notamment les Seychelles, la Côte d’Ivoire et le Kenya.
Sur l’ensemble de l’année 2025, plusieurs pays, dont le Maroc, ont régulièrement figuré parmi les dix marchés africains les plus chers, traduisant une pression durable sur les prix du carburant sur le continent.
Évolutions contrastées en décembre
Selon GlobalPetrolPrices, les évolutions observées en décembre sont hétérogènes. Les prix ont légèrement progressé dans plusieurs pays, dont la République centrafricaine, le Burkina Faso, le Cameroun et la Côte d’Ivoire, tandis qu’ils ont reculé au Malawi, au Sénégal et au Zimbabwe. Malgré ces ajustements nationaux, la moyenne mondiale est restée inchangée pour le deuxième mois consécutif.
Cette situation s’inscrit dans un contexte énergétique africain marqué par de fortes vulnérabilités. La dépendance aux importations, combinée à la volatilité des cours internationaux et à des contraintes logistiques ou sécuritaires, expose de nombreux pays à des tensions récurrentes sur l’approvisionnement.
Des crises révélatrices des fragilités régionales
Plusieurs épisodes récents illustrent ces fragilités. Au Mali, des attaques contre les convois de carburant ont entraîné de graves pénuries, paralysant les transports et perturbant l’activité économique et sociale. En Afrique de l’Ouest, le Ghana a alerté au printemps sur le risque de rupture d’approvisionnement en carburant pour ses centrales électriques, soulignant la vulnérabilité du système énergétique.
Dans la Corne de l’Afrique, des tensions géopolitiques ont également affecté les circuits d’acheminement du pétrole, compliquant l’accès à l’énergie pour des pays fortement dépendants des exportations pétrolières.
Dans ce contexte régional instable, la position du Maroc parmi les marchés africains les plus chers reflète à la fois sa dépendance structurelle aux importations et l’exposition de son marché libéralisé aux évolutions des prix internationaux. Pour les ménages et les entreprises, cette situation continue de peser sur le coût du transport et, plus largement, sur le pouvoir d’achat et la compétitivité économique.
Avec Barlamane
Source de l’article : Consonews



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