Une nouvelle ère de marocanisation du secteur bancaire…
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Le secteur de la banque au Maroc traverse une période de recomposition discrète mais profonde du paysage bancaire national. La marocanisation des banques est-elle en train de prendre forme ?
Le secteur bancaire marocain se transforme en silence. La volonté de rachat du Crédit du Maroc par Holmarcom, présidé par Hassan Bensalah, en constitue l’un des jalons les plus marquants. Via Holmarcom Finance Company (HFC) et sa filiale AtlantaSanad Assurance, le groupe a récupéré la totalité des parts détenues par Crédit Agricole S.A., soit 78,7 % du capital. Quelques mois plus tard, Société Générale Maroc empruntait le même chemin.
Sans surprise pour les observateurs, la famille Bensalah active une nouvelle opération d’envergure en cette fin d’année 2026. Depuis quelques jours dans les médias on peut lire que BNP Paribas et Holmarcom ont confirmé être en discussions « exclusives » pour la cession de 67 % du capital de la BMCI. Rien n’est encore finalisé, mais l’annonce confirme un basculement structurel : le recul du capital français dans la banque et la montée en puissance d’actionnaires marocains qui redessinent les équilibres du secteur.
Une consolidation ancienne, aujourd’hui en accélération
Ce mouvement de rachats et de rapprochements s’inscrit dans une histoire longue de structuration du pôle bancaire marocain. Les premiers épisodes remontent aux années 1990. En 1991, la Société de Banque et de Crédit est absorbée par la Banque Commerciale du Maroc. Cinq ans plus tard, Wafabank avale UNIBAN, filiale d’un groupe bancaire espagnol. Au tournant des années 2000, la même Wafabank reprend la filiale marocaine de BBVA. Dans ces années-là également, la Banque Centrale Populaire acquiert la Société Marocaine de Dépôt et de Crédit, tandis qu’en 2003, la BMCI absorbe ABN AMRO Bank Maroc.
Source de l’article : Challenge.ma



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