Chantiers 2025 : une année faste pour le BTP
De la reconstruction post-séisme à l’immobilier, en passant par les nombreux chantiers de la CAN et du Mondial 2030, le secteur national du BTP se frotte les mains. 2025 a été une année faste, malgré le défi du coût de la main-d’œuvre. « Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas » , a-t-on l’habitude de dire. Pour le secteur national du BTP, on serait tenté de dire que les années se suivent mais ne ressemblent pas non plus. Oubliée la Bérézina des années du covid-19 et ces périodes difficiles durant lesquelles la plupart des marchés importants étaient raflés par les concurrents étrangers.
Désormais, sur une bonne partie des marchés lancés dans le Royaume, les entreprises nationales sont bien positionnées, surtout avec les grands événements que le pays accueille jusqu’en 2030. « Nous pouvons vraiment affirmer que notre industrie profite des différents chantiers lancés par le Maroc, dans l’organisation et la préparation de grands événements sportifs, à savoir la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et le Mondial 2030. À l’instar des pays qui organisent ces événements et qui en font profiter leurs secteurs économiques, nous pouvons dire, en ce qui nous concerne, que notre pays offre actuellement une très belle opportunité au secteur des industries des matériaux de construction » , déclare le président de la Fédération des industries de matériaux de construction (FMC), David Tolédano.
Dynamique exceptionnelle
Globalement, au-delà des chantiers habituels dans l’immobilier qui se poursuivent, la dynamique exceptionnelle que connaît le secteur du BTP est portée par deux grands programmes. Le premier, c’est celui des chantiers titanesques de la reconstruction post-séisme dans le Haouz.
Engagé au lendemain du tremblement de terre dévastateur de septembre 2023, il a été crédité d’un budget de 120 MMDH, à l’horizon 2029. Dans des milliers de villages de l’ensemble des provinces concernées, l’Agence de développement du Haut Atlas s’active pour finaliser les projets de reconstruction, de réhabilitation et de valorisation. Ce qui passe avant tout par l’implication du secteur des BTP.
Selon les dernières informations communiquées par le ministère de l’Habitat, près de 53.000 familles ont pu regagner leurs logements depuis le début des chantiers de reconstruction. Plusieurs routes et infrastructures des provinces touchées ont également été réhabilitées, avec le concours des entreprises nationales.
L’après 2030
Autre grand programme qui multiplie les opportunités pour ce secteur, c’est bien évidemment celui qui a concerné les préparatifs pour la CAN, qui se joue actuellement dans le Royaume, d’une part, et en prévision du Mondial 2030, d’autre part. Des stades à la valorisation urbaine des différentes villes abritant les compétitions, les marchés et appels d’offres se sont enchaînés ces derniers mois au profit des entreprises du BTP.
D’ailleurs, pour la seule année 2024, quelque 64 MMDH d’investissements publics étaient prévus dans ce secteur. Des contrats importants qui ont commencé à se concrétiser durant l’année 2025, contribuant à faire tourner ce secteur à plein régime. Et au regard des différents chantiers prévus en perspective du Mondial 2030, l’on peut parier que le BTP maintiendra sa forme au moins durant les cinq prochaines années. À commencer bien évidemment par l’année 2026 qui frappe à nos portes. Si ce pari est réussi, le cap sera mis sur « l’après 2030 » .
Là, il est d’ores et déjà possible d’anticiper, avec la possibilité de se positionner sur de nouveaux marchés, hors du Maroc. De nouvelles aventures africaines ne sont donc pas à exclure, surtout dans des pays proches du Royaume, où il est question de lancer des chantiers d’envergure dans plusieurs secteurs, allant des infrastructures publiques à des projets de logements.
Plein emploi
Cette belle forme du moment se reflète sur la création d’emplois. D’ailleurs, selon le Haut-commissariat au plan (HCP), quelque 90.000 postes ont été créés dans le secteur entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025 (66.000 en milieu urbain et 25.000 en milieu rural), ce qui se traduit par une hausse de 7% du volume d’emplois dans ce secteur.
Pour sa part, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, avait probablement vu juste en annonçant, dès le mois de mars 2024, que le secteur du BTP, qui pèse pour 6% du PIB, pouvait créer jusqu’à 70.000 par an à l’horizon 2030. Ce chiffre en dit long sur l’importance de ce secteur stratégique dans le court et le moyen terme.
En attendant, le problème à surmonter demeure le manque de main-d’œuvre à prix abordable. Car la forte sollicitation des ouvriers a créé une certaine rareté sur le marché, contribuant à une hausse notable des salaires servis.
Abdallah Benahmed / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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