Dernières pluies : L’espoir de gains hydriques consolidés par des précipitations régulières
Les relevés publiés par les autorités météorologiques et confirmés par des mesures satellitaires montrent que le cumul pluviométrique entre septembre 2024 et mars 2025 a atteint environ 113,9 mm, soit une hausse de 88 % par rapport à la saison précédente sur la même période. Cette augmentation significative s’est traduite par une végétation plus dense et étendue sur des zones traditionnellement vulnérables autour de Casablanca, Berrechid et Settat, comme l’illustrent les images Sentinel-2 de Copernicus démontrant une transformation visible du paysage entre février et mars 2025.
Pour autant, ces précipitations restent en dessous de la moyenne climatologique longue, avec un cumul encore inférieur d’environ 18 % à la normale historique nationale. Sur le plan hydrique, les apports ont permis de reconstituer partiellement les ressources en eau, augmentant les réserves des barrages et réduisant le déficit par rapport à l’année dernière, mais sans atteindre des niveaux suffisants pour dissiper les inquiétudes. Les réserves ont ainsi progressé légèrement, mais demeurent basses dans de nombreux bassins, en particulier dans les régions de l’Oum Er-Rbia et du Souss-Massa où le stress hydrique persiste.
Dans ce contexte, l’impact agronomique des pluies est nuancé. Les cultures de printemps, qui dépendent davantage des apports d’eau récents, ont bénéficié de cette humidité et présentent des signes de reprise dans plusieurs zones, notamment dans le Fès-Meknès où le ministère de l’Agriculture relève une part importante des surfaces en bon à modéré état végétatif. De même, les arbres fruitiers et certaines cultures fourragères tirent profit de l’eau récemment tombée, ce qui peut alléger les besoins d’irrigation et diminuer les coûts pour les exploitations concernées.
En revanche, pour les céréales d’automne comme le blé et l’orge, qui ont souffert d’un démarrage tardif de la saison des pluies et d’un déficit pluviométrique marqué en décembre-février, la réponse est plus limitée. Les semis ont souvent été retardés, et même si les pluies de mars-avril ont fourni un coup de pouce tardif, elles n’effacent pas les pertes de croissance subies plus tôt. Les estimations agronomiques externes indiquent que la production céréalière nationale devrait rester en dessous de la moyenne décennale, ce qui maintient un recours important aux importations de grains.
Sur le plan hydrologique plus large, malgré des précipitations localement copieuses, comme les 77 mm enregistrés à Salé en l’espace de 24 heures lors d’un épisode pluvieux récent, la répartition territoriale reste marquée par de fortes disparités. Les pluies ont été concentrées dans le nord du pays, avec des cumuls significatifs dans les zones côtières et montagneuses, mais nettement plus faibles dans les régions intérieures et méridionales.
Ce tableau contraste avec la séquence climatique des dernières années, marquée par des déficits persistants. Les rapports de la Direction Générale de la Météorologie (DGM) soulignent que 2023 fut l’une des années les plus sèches enregistrées depuis plusieurs décennies, avec près de cinq années consécutives de déficit pluviométrique important, aggravant le stress hydrique chronique du pays.
Au final, les dernières pluies ont apporté un répit bienvenu pour certaines cultures et une amélioration temporaire des ressources en eau, mais elles ne suffisent pas encore à compenser l’impact de la sécheresse répétée. Pour l’agriculture marocaine, cela signifie une saison agricole 2025 encore marquée par des incertitudes, où les gains hydriques doivent être consolidés par des précipitations régulières ainsi que par une gestion intégrée des ressources en eau si l’on veut soutenir durablement la production des principales cultures rainfed du Royaume.
Sources : Hortidaily LeMatin, LesInfos, Medias24
Source de l’article : AgriMaroc.ma



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