VTC: l’Intérieur a reçu plus de 1.000 demandes de régularisation

Dans une démarche inédite visant à sortir de l’informel, des centaines de chauffeurs de VTC (véhicules de transport avec chauffeur) ont déposé des demandes de licence officielle auprès du ministère de l’Intérieur.

Le secteur du transport au Maroc franchit une nouvelle étape vers la régularisation des applications intelligentes. Au cours des derniers jours, les services du ministère de l’Intérieur ont reçu des centaines de demandes officielles de chauffeurs opérant à travers ces plateformes numériques afin d’obtenir un cadre légal pour exercer leur activité.

Selon des sources syndicales citées par Hespress, plus de 1.000 demandes de licence ont déjà été déposées auprès du ministère, et d’autres dossiers devraient suivre dans les prochains jours. Ces demandes, signées par les chauffeurs concernés ainsi que par la Syndicat démocratique du transport, comportent des informations détaillées sur chaque professionnel et sur l’application via laquelle il opère.

Cette initiative intervient après que le ministère du Transport et de la Logistique a affirmé ne pas être habilité à délivrer des autorisations pour le transport via les applications. Cette clarification a poussé les chauffeurs à se tourner directement vers le ministère de l’Intérieur, considéré comme l’autorité compétente pour encadrer ce secteur émergent.

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D’après les mêmes sources, la démarche vise également à fournir à l’Intérieur une base de données précise sur les chauffeurs utilisant ces applications, qu’ils travaillent avec leurs véhicules personnels ou des voitures louées. Les demandes permettront aussi de connaître le nombre d’années d’activité de chaque conducteur dans ce domaine.

Une pression croissante pour accélérer la réglementation

L’envoi de ces demandes s’inscrit dans un contexte de pression croissante pour accélérer la mise en place d’un cadre légal régissant le transport via les applications intelligentes. Plusieurs acteurs du secteur estiment qu’il s’agit désormais d’un besoin sociétal, au regard des transformations que connaît le pays et des grands événements internationaux qu’il accueille.

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Cette dynamique fait par ailleurs écho aux déclarations récentes du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, devant la Chambre des représentants. Ce dernier avait laissé entendre que la réglementation de ce mode de transport était inévitable: « Demain, il y aura des applications. On ne peut pas ne pas accompagner l’époque. Le secteur des taxis doit être organisé dans un cadre légal. » Vers un cadre légal

Ces signaux politiques, combinés à la mobilisation des chauffeurs, laissent présager une évolution prochaine du cadre réglementaire. Le transport via les applications VTC, longtemps toléré mais juridiquement flou, semble désormais entrer dans une phase de normalisation progressive.

Pour les professionnels, l’objectif est clair: obtenir une reconnaissance officielle de leur activité et mettre fin à l’incertitude juridique qui entoure leur travail. Pour l’État, il s’agit d’encadrer un secteur en pleine expansion, tout en assurant une coexistence équilibrée avec les différents intervenants.

Source de l’article : H24info

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