Voltaire Group consolide son modèle du made in France tourné vers l’international
Le sellier haut de gamme basque Voltaire a achevé une année 2025 riche, rythmée par deux gros projets. Le premier : la création d’une nouvelle filiale en Suisse, Dynamix Sellerie, en avril ; le second : le rachat du sellier Meyer à Cognac en juin. Soit un investissement total de 1,6 million d’euros (600 000 € pour la filiale, 1 million pour Meyer). « Meyer était une entreprise en redressement, on la relance, explique Brice Goguet, le président et fondateur du groupe. Elle nous permet d’avoir deux sites de production en France : un ici, à Bidart, et un autre à Cognac. » Voltaire Group dispose également d’un atelier de fabrication d’accessoires au Maroc et trois ateliers pour le service après-vente en Amérique du Nord (deux aux États-Unis et un au Canada).
International par essence
Une nécessité pour le groupe qui exporte 50 % de ses produits — principalement selles sur-mesure et selles connectées — aux États-Unis. L’autre moitié étant vendue en France (25 %) et ailleurs dans le monde, notamment en Angleterre et en Allemagne. « Au démarrage en 2010, nous avons d’abord fait le choix de commercialiser aux États-Unis, avant de nous lancer en France et en Europe. Nous étions made in Pays basque mais vendus en Amérique du Nord » , rappelle le dirigeant. Créer une filiale en Suisse était donc une étape naturelle pour le sellier. « Nous sommes internationaux depuis le début. Ce n’est qu’en 2016 que nous avons lancé la commercialisation en France (au moment du rachat du sellier d’exception Forestier, NDLR). » Cette ouverture en Suisse a suivi la signature d’un contrat de sponsoring avec le cavalier suisse Steve Guerdant. « Cela nous permettait d’avoir un retour sur investissement et bénéficier de ce partenariat » , explique Brice Goguet. Deux salariés y ont été déployés pour lancer l’activité. « Nous sommes très sélectifs sur les marchés que nous choisissons. Quand on y va, on veut être parmi les leaders » , ajoute-t-il. Pari réussi jusqu’à présent. « Nous sommes dans le top 3 des marques sur les marchés que nous avons investis » , souligne Brice Goguet.
S’adapter aux marchés
Le groupe, aux 30 millions d’euros de chiffre d’affaires compte ainsi aujourd’hui environ 270 salariés (dont 100 à Bidart), et développe sept marques : Forestier Sellier, Meyer Selles, Voltaire Design, Rebelle Sellier, Equisense, Equitake et Stella Saddlery (marque de selles western). Outre le développement sur le nouveau marché suisse, plusieurs chantiers sont au programme des prochaines années : « consolider la reprise de Meyer et de Stella (la marque Stella a été acquise il y a deux ans, NDLR) et retrouver des marges sur les exportations aux États-Unis » .
Voltaire Group a été impacté par l’augmentation récente des droits de douane passés de 2,8 à 15 %. « Nous n’avons pas pu répercuter la totalité de cette augmentation sur nos clients, donc nous avons réduit les marges » , explique le dirigeant. Voltaire Group ne prévoit pas pour autant de fabriquer aux États-Unis ou de changer de fournisseurs, pour la plupart des partenaires de la première heure, comme la tannerie Carriat à Espelette. « Nous avons des clients qui acceptent la hausse des prix et nos concurrents sont aussi européens » , tempère Brice Goguet, optimiste.
Source de l’article : Le Journal des Entreprises



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