Vers une civilisation interplanétaire ? Voici les 8 engins humains actuellement en activité sur (et autour) de Mars

Mars est aujourd’hui considérée comme l’objectif ultime de l’humanité dans la conquête de l’espace. Si notre voisine rouge est moins proche de la Terre que Vénus, les conditions y sont plus accueillantes, même si elles sont loin d’être optimales. Surtout, on sait qu’elle abritait, il y a des milliards d’années, des lacs d’eau, propices à l’émergence d’une vie microbienne.

De quoi capter durablement l’intérêt des scientifiques. Depuis 1971, l’humanité a lancé des dizaines d’atterrisseurs, rovers et sondes vers la planète rouge. Si beaucoup ont échoué, d’autres ont effectivement réussi leur mission, nous permettant d’en apprendre beaucoup plus sur cette dernière. Et alors que certains ne sont plus opérationnels, à l’instar des missions Viking, de Spirit, d’Opportunity, d’InSight ou de Zhurong, d’autres poursuivent leurs études avant la possible arrivée d’astronautes sur place.

Curiosity

À commencer par Curiosity. Lancé en novembre 2011 par la NASA, le rover s’est posé dans le cratère Gale le 6 août 2012. Sa mission principale consiste à déterminer si Mars a, par le passé, réuni les conditions nécessaires à l’apparition de la vie. Pour cela, il étudie le rôle de l’eau, analyse la géologie et le climat martiens, et collecte des données essentielles en vue de futures missions humaines.

Depuis son arrivée sur la planète rouge, Curiosity a mis en évidence l’existence d’un ancien environnement lacustre dans le cratère Gale. Il a notamment identifié des roches riches en argiles et en sulfates, formées en présence d’eau, ainsi que des molécules organiques complexes préservées dans certaines roches martiennes.

Le rover effectue également des mesures continues des conditions météorologiques et du niveau de radiation à la surface, constituant un jeu de données de long terme jugé crucial pour évaluer les risques auxquels seraient exposés de futurs astronautes. Initialement parti pour une mission de deux ans, Curiosity continue de collecter des informations essentielles.

Perseverance

Également fruit du travail de la NASA, Perseverance s’est posé dans le cratère Jezero le 18 février 2021, après un lancement le 30 juillet 2020. Il a pour objectif de rechercher d’éventuelles traces d’une vie microbienne ancienne, de collecter et stocker des échantillons de roches et de sols en vue d’un futur retour sur Terre, et de tester des technologies clés pour l’exploration humaine.

Depuis son arrivée, Perseverance a identifié des roches sédimentaires formées dans un ancien environnement lacustre et au sein d’un delta fluvial. Le rover a déjà prélevé plus d’une vingtaine d’échantillons jugés prometteurs pour la recherche, et poursuit ses analyses grâce à ses instruments embarqués, dont RIMFAX, un radar capable de cartographier le sous-sol martien. Il dispose, en outre de plusieurs outils dédiés à l’étude de la chimie des roches et de leur habitabilité passée.

Mars Odyssey

Place aux sondes maintenant, et Mars Odyssey est un vrai cador. L’orbiteur de la NASA, arrivé autour de Mars le 24 octobre 200, cartographie la composition chimique et minéralogique de la surface martienne, recherche la présence de glace d’eau enfouie sous le sol, et mesure les niveaux de radiation.

En plus de vingt ans d’activité, ce n’est pas rien, Mars Odyssey a établi les premières cartes globales de la distribution des éléments chimiques et de certains minéraux à la surface de la planète rouge. La sonde a notamment confirmé l’existence de vastes réserves de glace d’eau, non seulement aux pôles, mais aussi à des latitudes plus tempérées.

L’orbiteur joue également un rôle clé de relais de communication pour les missions de surface : il a transmis les données de six engins martiens, dont Curiosity et Perseverance, pour un volume total dépassant les 17 térabits. En 2025, Mars Odyssey reste l’orbiteur martien en activité depuis le plus longtemps, poursuivant à la fois ses observations de l’évolution de la surface et son soutien aux missions au sol.

Mars Express

L’Europe est elle aussi dans la course. Mars Express s’impose d’ailleurs comme la première mission interplanétaire de l’Agence spatiale européenne (ESA). La sonde, qui s’est placée en orbite martienne le 25 décembre 2003, se concentre sur l’imagerie détaillée de la surface, la cartographie minéralogique, l’étude de la composition et de la dynamique de l’atmosphère, la recherche de glace d’eau souterraine grâce à son radar, ainsi que l’analyse des interactions entre l’atmosphère martienne et le vent solaire.

Depuis plus de vingt ans, Mars Express a livré des cartes en trois dimensions et en couleurs de haute précision de la surface martienne, mettant en évidence la présence d’argiles et de sulfates hydratés, ce qui atteste de l’existence passée d’eau liquide. Elle a aussi suivi les variations de gaz atmosphériques comme le méthane et l’ozone, tout en observant finement la Lune Phobos lors de survols rapprochés.

Prolongée au moins jusqu’à l’année prochaine, elle joue le rôle de relais de communication pour les rovers de la NASA et contribue au suivi de l’évolution climatique actuelle de Mars.

Mars Reconnaissance Orbiter

Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) est une sonde de la NASA lancée le 12 août 2005 et placée en orbite autour de la planète rouge le 10 mars 2006. Elle s’intéresse au climat et ses variations saisonnières, à la géologie et à l’identification des structures liées à l’eau. Comme les autres orbiteurs, elle agit comme un relais de communication pour les engins opérant à la surface.

Depuis son arrivée, MRO a transmis plus de 450 térabits de données, un record pour une mission martienne. Grâce à sa caméra HiRISE, elle a capturé des images d’une résolution sans précédent, révélant notamment l’apparition de nouveaux cratères d’impact, des avalanches sur les pentes martiennes et des couches géologiques extrêmement fines. La sonde a également mis en évidence la présence de glace d’eau quasi pure

En 2025, elle demeure pleinement opérationnelle dans le cadre de sa sixième extension de mission, consacrée à l’étude de la dynamique atmosphérique.

ExoMars Trace Gas Orbiter

Il s’agit d’une mission conjointe de l’ESA et Roscosmos, l’agence spatiale russe, lancée le 14 mars 2016 et placée en orbite autour de Mars le 19 octobre de la même année. La sonde a été déployée en même temps que l’atterrisseur Schiaparelli, qui s’est écrasé lors de sa descente.

Elle œuvre pour détecter les gaz présents à l’état de traces, comme le méthane, afin d’en étudier l’origine potentiellement géologique ou biologique. De même, elle facilite une cartographie détaillée de l’atmosphère martienne, et intègre un radar destiné à la recherche de glace d’eau enfouie sous la surface.

Depuis près de dix ans, ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) a profondément affiné la compréhension de l’atmosphère martienne. La sonde a notamment montré l’absence de panaches de méthane étendus et persistants, tout en mettant en évidence des variations saisonnières de l’ozone et de la vapeur d’eau. Toujours active en 2025, elle est prolongée au moins jusqu’en 2028, avec de nouvelles extensions possibles.

À plus long terme, le programme ExoMars doit se poursuivre avec le rover Rosalind Franklin, dont le lancement est désormais envisagé pour 2028. Celui-ci sera spécifiquement dédié à la recherche de traces de vie ancienne à la surface de Mars.

Hope

Hope (Al-Amal) est la première mission interplanétaire des Émirats arabes unis. Lancée le 20 juillet 2020 depuis le Japon, la sonde est entrée en orbite autour de Mars le 9 février 2021. Sa mission vise à mieux comprendre comment Mars a progressivement perdu l’essentiel de son atmosphère.

Depuis son arrivée, Hope a fourni la première vision globale et continue des variations quotidiennes et saisonnières de l’atmosphère martienne. La sonde a notamment observé la formation et l’évolution des tempêtes de poussière et des nuages, tout en mesurant les taux de perte d’oxygène dans la haute atmosphère.

Ses données, rendues largement accessibles à la communauté scientifique internationale, ont confirmé la pertinence de son orbite particulière, qui lui permet d’imager l’ensemble des longitudes de la planète au fil d’une même journée martienne. Toujours opérationnelle en 2025, la mission bénéficie d’extensions qui confirment sa pérennité au-delà de sa durée initiale.

Tianwen-1

Lancée trois jours plus tard, Tianwen-1 est, pour sa part, la première mission chinoise dédiée à Mars. Elle combine plusieurs objectifs : cartographier la surface martienne depuis l’orbite, étudier la géologie et la présence éventuelle de glace souterraine, analyser l’atmosphère et l’ionosphère, et déployer un atterrisseur accompagné du rover Zhurong.

Celui-ci devait explorer la région d’Utopia Planitia, afin de rechercher des indices d’eau passée et d’évaluer l’habitabilité ancienne de cette zone. Il est entré en hibernation en 2022 après plus d’un an d’activité, mais ne s’est jamais réveillé.

Depuis son arrivée, l’orbiteur Tianwen-1 a fourni des images globales de haute résolution de la surface martienne, mis en évidence des structures souterraines et mené des mesures sur les champs magnétiques et les particules chargées autour de la planète. Il reste opérationnel, et témoigne des grandes avancées de la Chine dans le spatial.

Mention honorable : MAVEN

MAVEN, pour Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN, est une sonde de la NASA en autour de Mars depuis le 21 septembre 2014. Elle étudie la haute atmosphère de la planète, l’ionosphère et leurs interactions avec le vent solaire.

Depuis son arrivée, MAVEN a montré que l’échappement atmosphérique vers l’espace a joué un rôle déterminant dans l’évolution climatique à long terme de la planète rouge. Elle a aussi permis de cartographier avec un niveau de détail inédit la structure de la haute atmosphère martienne. Mais il y a quelques jours, la NASA a perdu le contact avec la sonde. « L’analyse suggère que la sonde MAVEN tournait de manière inattendue lorsqu’elle est sortie de derrière Mars. De plus, la fréquence du signal de suivi suggère que la trajectoire orbitale de MAVEN a peut-être changé », a indiqué l’agence spatiale.

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Source de l’article : Presse-citron