Université Euromed de Fès : la jeunesse appelée à refonder le civisme et le vivre ensemble
Réunis autour des enjeux du civisme et du vivre ensemble, des étudiants de l’Université Euromed de Fès ont formulé, le lundi 19 janvier à Rabat, une série de recommandations visant à renforcer les valeurs citoyennes. Le 3e Sommet des jeunes africains et euro-méditerranéens, tenu au siège de l’Académie du Royaume du Maroc, a placé la jeunesse au cœur d’une réflexion collective sur les défis contemporains des sociétés
Placée sous le thème « Civisme et pluralisme des valeurs : repenser le vivre ensemble » , la troisième édition du Sommet des jeunes africains et euro-méditerranéens a réuni des étudiants de l’Université Euromed de Fès ainsi que des personnalités marocaines et internationales, autour d’une réflexion de fond sur les défis contemporains du civisme. L’événement, tenu lundi 19 janvier au siège de l’Académie du Royaume du Maroc, s’inscrit dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales, culturelles et technologiques. « Le Maroc a franchi des pas incroyables avec des réalisations tangibles, tant sur le plan industriel, sur le plan de la généralisation de l’assurance maladie et de la sécurité sociale, que sur les énergies renouvelables, les secteurs du tourisme, de l’automobile, de l’aéronautique, le domaine de l’agroalimentaire. Il est temps pour qu’on puisse parachever cette vision de Sa Majesté. (…) Aujourd’hui, les jeunes proposent le plan » Maroc civique « pour ériger cet espace commun, ériger l’harmonie d’une société qui fait prévaloir l’intérêt collectif plutôt que l’intérêt individuel » , a déclaré Mostapha Bousmina, président de l’Université Euromed de Fès et chancelier de l’Académie Hassan II des sciences et techniques.
Repenser le vivre ensemble dans le cadre onusien
Organisé sous la supervision de la Chaire des Nations unies pour l’Alliance des civilisations et de l’UNAOC (United Nations Alliance of Civilizations), en partenariat avec l’Académie du Royaume du Maroc et l’Académie Hassan II des sciences et techniques, le sommet a encouragé l’ouverture d’un débat sur les fondements du vivre ensemble. « Le vivre ensemble nous oblige à faire preuve de responsabilité et d’ouverture. Construire une société juste et apaisée est un effort collectif, un défi, mais aussi une chance : celle de bâtir un avenir fondé sur le respect, la tolérance et la solidarité » , a assuré Omar Fassi Fihri, secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences et techniques.
Dans ce sillage, des jeunes représentant plus de quarante nationalités, aux côtés d’experts et d’enseignants-chercheurs, ont pris part aux travaux. Plusieurs personnalités marocaines et internationales ont également marqué l’événement, dont Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Miguel Ángel Moratinos, Haut Représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations, ainsi que Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, et Abdelhak Azzouzi, président de la Chaire des Nations unies pour l’Alliance des civilisations et membre du conseil d’administration de l’Université Euromed de Fès.
Les jeunes, moteurs d’un monde meilleur
Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur des thématiques d’expertise majeures, comme l’unité de la jeunesse marocaine autour de la question du Sahara, la solidarité et la citoyenneté active au service de l’unité nationale, les manifestations de la crise du civisme, ou encore le lien humain mis à l’épreuve par l’hyperconnectivité.
Les débats ont également mis en avant l’importance de la formation citoyenne, qui ne se limite pas au respect des règles institutionnelles, mais suppose une appropriation profonde des principes éthiques qui fondent la vie commune, le respect accru de l’environnement et de l’espace de vie commun. L’intégrité territoriale y a été affirmée comme un impératif de civisme actif et opérant. Dans cette idée, le rôle des institutions de l’État et du monde du savoir, en plaçant les jeunes au cœur du débat, apparaît déterminant pour nourrir la réflexion et diffuser durablement les valeurs citoyennes auprès des nouvelles générations. « Le sommet des étudiants africains et euro-méditerranéens, c’est un sommet essentiel qui se place à un moment historique et existentiel pour l’humanité. Les jeunes étudiants, c’est eux qui, dans un proche délai, vont être les responsables de l’avenir du monde et c’est pour cela qu’ils doivent connaître la réalité actuelle, quels sont les enjeux, mais aussi la capacité et la nécessité de s’engager pour construire un monde meilleur, qui ne sera pas parfait, mais qui évitera la destruction de la planète » , a souligné Miguel Ángel Moratinos, Haut Représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations.
Les recommandations pour refonder le civisme
À l’issue des travaux, les étudiants de l’Université Euromed de Fès ont formulé une série de recommandations visant à redonner au civisme une place centrale dans les sociétés contemporaines. Ils ont d’abord exprimé l’importance de « repenser les modes de transmission des valeurs civiques » , afin de les adapter aux profondes transformations sociales, digitales et économiques.
Par ailleurs, les participants ont rappelé le « rôle central des jeunes » , non seulement considérés comme une force de proposition, mais aussi comme des acteurs du changement face aux dérives qui fragilisent le civisme et le tissu social. Dans cette dynamique, les étudiants de l’université Euromed de Fès ont encouragé le soutien aux initiatives portées par les jeunes.
L’éducation au civisme est ainsi envisagée comme une « mission partagée et continue, impliquant la famille, l’école, l’université, les institutions publiques, les élus et la société civile » . Elle doit également être pensée comme un levier majeur de prévention contre la violence, l’intimidation, la radicalisation et les discours de rejet, selon les étudiants de l’université fassie.
Le développement de programmes éducatifs innovants a aussi été évoqué, dans le but de renforcer la conscience de l’impact des comportements individuels sur l’environnement, l’espace public et les relations humaines. Dans le même esprit, il a semblé évident d’encourager le soutien des parents, des éducateurs et des institutions éducatives dans leur rôle de transmission des valeurs de responsabilité, de respect, de dialogue et de solidarité.
Dans la liste des recommandations émises figure aussi la réaffirmation forte, dans les discours publics comme dans les politiques éducatives, de la centralité des valeurs humaines universelles, tout en luttant activement contre la « banalisation de l’irresponsabilité et de la violence verbale » . Les sommets et forums de jeunes sont, à ce titre, appelés à devenir de véritables « laboratoires » d’idées et des espaces de « sursaut collectif » , capables de redonner au civisme son rôle de « fil d’Ariane » des sociétés contemporaines, ont-ils expliqué.
En filigrane de ces échanges, les étudiants ont appuyé l’importance majeure de « la reconnaissance constitutionnelle des composantes culturelles, linguistiques et spirituelles des nations en tant que facteur de cohésion, de stabilité et de continuité historique » , à l’image de l’expérience constitutionnelle et civilisationnelle du Maroc.
Source de l’article : Le Desk



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