Un taux de mortalité de 35%: vigilance maximale au Maroc face au virus MERS (Dr Tayeb Hamdi)

Face à la propagation alarmante du virus MERS, qui présente un taux de mortalité d’environ 35%, le Dr Tayeb Hamdi donne des précisions sur la situation au Maroc.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment alerté sur la propagation du virus MERS (Middle East Respiratory Syndrome). Quelque 19 cas confirmés ont été signalés dans le monde, dont 4 décès (environ 35%), déclenchant une vigilance autour de ce virus respiratoire à forte mortalité. Les symptômes sont de cette maladie causée par un type de coronavirus, principalement respiratoires, vont de la toux aux difficultés pulmonaires graves.

Selon le Dr Hamdi, le virus peut se transmettre de l’animal à l’homme, en particulier par les chameaux. La consommation de produits animaux non pasteurisés, comme le lait ou la viande de chameau, ou le contact étroit avec ces animaux, peut ainsi favoriser la transmission. Mais il peut également se transmettre d’une personne à l’autre, surtout au sein de la famille ou dans les hôpitaux, notamment parmi le personnel soignant en contact direct avec les patients infectés. « A ce jour, il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin commercialisé contre le MERS. Des recherches sur des vaccins ont été lancées dès 2012, mais ont été interrompues lorsque le nombre de cas a diminué. Néanmoins, ces études ont contribué au développement des vaccins contre le COVID-19 et pourraient à l’avenir permettre de créer un vaccin efficace contre le MERS » , souligne Dr Hamdi.

Et d’ajouter qu’une caractéristique importante du virus est que les personnes infectées ne transmettent généralement le virus à d’autres qu’une fois qu’elles présentent des symptômes. Ce qui facilite le repérage des cas et leur isolement, rendant les mesures de quarantaine et de contrôle particulièrement efficaces.

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Le médecin alerte par ailleurs sur la gravité de l’infection: les patients présentent de la fièvre, de la toux, et surtout une insuffisance respiratoire importante, ce qui peut entraîner des complications graves et expliquer le taux élevé de mortalité. « C’est pourquoi il est important de contenir le virus à son point d’origine. » Il n’y a pas de nouvelles mutations ou d’extension inhabituelle du virus, mais plus le nombre de cas humains augmente, plus la transmission d’homme à homme devient possible, met en garde le spécialiste, tout en rassurant que pour l’instant, il n’y a pas de raison de s’alarmer, car la transmission principale reste de l’animal (dromadaire) à l’homme.

La contamination peut se produire si l’on vit avec l’animal infecté ou si l’on consomme sa viande ou son lait de manière non sécurisée. Quant à la transmission d’homme à homme, elle est possible mais reste difficile, et se produit surtout dans des contextes spécifiques comme la famille ou les établissements de santé.

Vigilance nationale

Les chiffres inquiétants sur le MERS proviennent notamment des autorités sanitaires saoudiennes. « Bien qu’il n’y ait pas de risque immédiat pour le Maroc ou d’autres pays, la vigilance reste essentielle. C’est pourquoi le Maroc a mis en place des mesures de précaution afin de détecter rapidement les cas et d’isoler les patients si nécessaire » , fait savoir Dr Hamdi, appelant les professionnels de santé à « suivre des mesures strictes pour se protéger » .

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Notre expert émet également des recommandations pour les pèlerins se rendant sur les Lieux saints: « Actuellement, il n’existe pas de vaccin contre ce virus. La meilleure protection consiste à respecter certaines précautions : maintenir la distance avec les animaux, éviter tout contact direct, ne pas consommer de lait ou de viande de chameau mal cuits, et respecter strictement l’hygiène des mains. » Il est aussi conseillé de limiter les visites aux hôpitaux, surtout auprès des patients souffrant de maladies respiratoires. Les enfants, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les femmes enceintes sont les plus vulnérables et doivent adopter des mesures de protection renforcées.

Enfin, pour les voyages, des mesures de surveillance sont nécessaires, notamment dans les aéroports et aux frontières. Les autorités sanitaires doivent rester vigilantes et signaler toute situation inhabituelle afin de protéger la population, conclut Dr Hamdi.

Source de l’article : H24info