Un milliard, Poutine, refus de la France… Ce qu’il faut savoir sur le nouveau « Conseil de la paix » de Trump

À Davos, le 21 janvier 2026, Donald Trump a affirmé que Vladimir Poutine avait accepté de rejoindre le « Conseil de la paix » qu’il a lancé pour Gaza. Une déclaration immédiatement nuancée par Moscou, mais qui propulse ce projet encore récent au centre de l’actualité internationale et relance les interrogations sur son rôle, son fonctionnement et ses conséquences diplomatiques.

Pourquoi ce Conseil revient-il sur le devant de la scène ?

L’annonce faite à Davos marquerait un tournant. Selon la BBC, Vladimir Poutine a confirmé que la Russie étudiait l’invitation américaine et pourrait verser le milliard de dollars requis pour obtenir un siège permanent, éventuellement à partir des avoirs russes gelés aux États-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine.

Cette perspective renforce la controverse autour d’un organe déjà critiqué par plusieurs alliés occidentaux, qui dénoncent un dispositif concurrent des Nations unies.

À quoi sert le Conseil de la paix ?

Le Conseil de la paix est présenté pour la première fois en septembre 2025, lorsque Donald Trump dévoile un plan en vingt points pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. Selon le « New York Times » , l’objectif initial est alors de créer une structure internationale transitoire chargée de superviser le cessez-le-feu à Gaza, d’organiser l’aide humanitaire et de piloter la reconstruction du territoire.

En novembre 2025, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU donne un cadre officiel à cette initiative. Comme le rapporte Reuters, le mandat est toutefois strictement limité à Gaza et court jusqu’à la fin de l’année 2027.

Qui contrôle ?

En janvier 2026, la Maison-Blanche a officialisé la composition du premier conseil exécutif du Conseil de la paix. Selon Reuters, il réunit notamment le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’émissaire spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, gendre de Donald Trump, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Un organe distinct, le « Gaza Executive Board » , est chargé de superviser la reconstruction et l’administration civile de la bande de Gaza. Comme l’a rapporté le « New York Times » , aucun représentant palestinien n’y siège à ce stade, un point régulièrement critiqué par les observateurs internationaux.

Quels pays participent et lesquels refusent ?

Environ 35 dirigeants auraient accepté de rejoindre le Conseil de la paix, sur une cinquantaine d’invitations envoyées. Parmi les pays ayant donné leur accord figurent Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Égypte, la Jordanie, Bahreïn, la Turquie et la Hongrie, mais aussi le Maroc, le Pakistan, l’Indonésie, le Vietnam, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Paraguay, ainsi que l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

À l’inverse, plusieurs alliés occidentaux ont refusé ou exprimé de fortes réserves. La France, la Norvège et la Suède ont décliné l’invitation, jugeant le dispositif incompatible avec le rôle des Nations unies. L’Italie a fait part de doutes juridiques, tandis que le Canada a indiqué un accord « de principe » sans engagement formel. D’autres partenaires clés, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou le Japon, n’ont pas encore arrêté de position publique.

Comment fonctionne ce Conseil ?

Le Conseil de la paix serait présidé de manière permanente par Donald Trump, doté d’un droit de veto étendu. Il disposerait également du pouvoir de nommer les membres exécutifs et de désigner son successeur.

Les États membres obtiennent un mandat de trois ans. Pour accéder à un siège permanent, la charte prévoit le versement d’un milliard de dollars, destiné à financer les activités du Conseil.

Pourquoi son mandat pose-t-il problème ?

En janvier 2026, la Maison-Blanche diffuse une charte qui élargit considérablement le champ d’action du Conseil. Le texte prévoit désormais que l’organe puisse intervenir dans d’autres zones de conflit dans le monde, avec l’ambition affichée de créer un outil de règlement des crises plus rapide que les mécanismes actuels de l’ONU.

Cette évolution suscite de vives réserves en Europe. La France, la Suède et la Norvège estiment que le Conseil de la paix risque de remettre en cause le rôle central des Nations unies.

Source de l’article : parismatch.com