Un grand nom du oud en concert à Nantes

Un grand nom du oud en concert à Nantes

Samir Aouad n’est pas né avec un oud entre les doigts mais peu s’en faut. Né dans une famille de musiciens, dont un oncle directeur de conservatoire, devenir instrumentiste était dans mon ADN, sourit-il.

Enfant, il pousse par hasard une porte d’un cours de musique et découvre pour la première fois le oud. Le professeur a dû se montrer convaincant, car à l’époque cet instrument, des plus traditionnels, me paraissait presque dépassé pour ne pas dire en voie de ringardisation « .

La recherche des paradis perdus

Non content d’étudier cet instrument venu du fond des ages, cumulant les prix et les récompenses l’enfant devient très vite un virtuose. Plutôt un singe savant. Bien peigné, bien propre sur moi, on m’exhibait régulièrement à la télévision marocaine, sourit-il.

À l’adolescence découvrant le métal, il remise son luth oriental au placard et se met à gratter de la guitare électrique au sein d’un éphémère groupe de hard-rock se produisant sur les petites scènes de Casablanca. Nous nous contentions de faire des reprises mais j’avais indubitablement le look, s’amuse-t-il.

Après son bac, alors qu’il étudie, assez distraitement, le droit en Bretagne Samir néglige quelque peu la musique. Jusqu’à un voyage à Grenade où je découvre un virtuose du flamenco. Enthousiasmé, je m’achète aussitôt une guitare jaune pour tenter de l’imiter. Mais c’est de retour en France que le destin va de nouveau parler. » Dans le salon d’un ami trônait un oud. La main tremblante j’ai demandé à l’essayer « . Depuis il ne l’a pour ainsi dire plus jamais quitté comme en témoigne ce premier CD où l’orient, le métal et l’Andalousie fusionnent en toute harmonie. » Je n’ai pas vraiment le sentiment de composer. Lorsque je commence à jouer des images et des souvenirs me viennent en tête, mes doigts s’emploient alors à traduire ces flashs qui me traversent l’esprit. Ma famille, mes parents disparus, ma ville d’enfance, ma fille… La musique permet de capter ces fugaces instants de bonheur. Comme Proust je pense que les seuls vrais paradis sont les paradis perdus. Remercions la musique de pouvoir les faire revivre « .

Pratique

Samir Aouad et ses musiciens à la salle Paul-Fort, place Talensac, vendredi 6 février à 21 h. Tarifs : de 11 à 15 € ; Le CD Casablanca (7 titres) est d’ores et déjà disponible.

Source de l’article : Ouest-France

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