un fonds pour réduire la dépendance au cash
Malgré une forte pénétration du mobile et d’Internet, le Maroc demeure largement dépendant de l’argent liquide. Pour accélérer la transition vers les paiements électroniques, Bank Al-Maghrib lance, avec l’appui financier et technique de la Banque africaine de développement, un projet pilote préfigurant la création d’un fonds durable de 7 millions de dollars destiné aux commerçants.
Les habitudes de paiement restent solidement ancrées dans l’usage du cash, freinant la formalisation de l’économie, la traçabilité des transactions et l’inclusion financière numérique. Face à ces contraintes structurelles et comportementales, Bank Al-Maghrib intensifie ses actions pour réduire la circulation de l’espèce, atténuer les coûts et les risques qui lui sont associés et favoriser l’adoption de moyens de paiement électroniques, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème.
C’est dans ce cadre que la Banque centrale œuvre à mettre en place un fonds d’acquisition destiné à faciliter l’acceptation des paiements électroniques par les commerçants. Pilotée par Bank Al-Maghrib, l’initiative est mise en œuvre en partenariat avec la Banque africaine de développement, qui intervient comme cofinanceur et appui technique via la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique. Le projet est cofinancé à hauteur de 700.000 dollars par Bank Al-Maghrib et de 510.000 dollars par la BAD, portant l’enveloppe globale à 1,21 million de dollars. Il vise à subventionner l’enrôlement des commerçants par les prestataires de services financiers et les fintechs afin de lever les barrières économiques à l’acceptation des paiements digitaux.
Les résultats de cette phase pilote serviront à orienter la conception d’un Fonds durable pour l’acceptation des paiements numériques, dont le lancement est projeté à l’horizon 2028. Estimé à 7 millions de dollars, soit environ 65 millions de dirhams, ce fonds sera capitalisé par des contributions du gouvernement, des partenaires au développement et des acteurs clés de l’écosystème national, notamment les banques commerciales et les prestataires de services de paiement. Les ressources seront mobilisées pour subventionner les terminaux de paiement électronique et les solutions dématérialisées comme les codes QR, réduire les commissions supportées par les commerçants et financer des campagnes de sensibilisation et de communication.
Mis en œuvre sous la responsabilité de Bank Al-Maghrib, le projet s’inscrit dans les orientations du nouveau modèle de développement, de la Stratégie nationale d’inclusion financière et de la Stratégie de développement des paiements. Il intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’économie informelle et par un écosystème de paiement numérique encore insuffisamment développé, malgré une connectivité élevée.
Le dispositif repose sur un mécanisme d’incitation ciblant prioritairement les commerçants, considérés comme un maillon clé de la chaîne de paiement. À travers un appel à propositions compétitif, des prestataires agréés seront sélectionnés pour équiper, former et enrôler les commerçants. L’objectif est d’intégrer 20.000 commerçants à l’horizon 2028, dont au moins 18.000 équipés en terminaux de paiement électronique, avec une attention particulière portée aux zones rurales et périurbaines. Le projet accorde également une place centrale à l’inclusion des femmes, qui devront représenter 50% des bénéficiaires, notamment via les coopératives et les activités de proximité.
Au-delà de l’équipement, l’initiative vise à structurer un écosystème de paiements électroniques plus large, sécurisé et économiquement viable, en s’appuyant sur une gouvernance rigoureuse pilotée par Bank Al-Maghrib, un dispositif de suivi-évaluation fondé sur des indicateurs de performance et des enseignements tirés d’expériences internationales menées notamment en Égypte, au Mexique et en Inde.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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