Tunnel de l’Ourika : Les contraintes géologiques retardent le projet Marrakech-Ouarzazate
Conçu comme un maillon stratégique du désenclavement du Haut Atlas, le projet du tunnel de l’Ourika accuse un retard significatif en raison de contraintes géologiques majeures. Destiné à relier Marrakech à Ouarzazate, cet ouvrage souterrain fait désormais l’objet d’études techniques approfondies, jugées indispensables par les autorités pour garantir la sécurité, la faisabilité et la durabilité de l’infrastructure.
Le projet du tunnel de l’Ourika, conçu comme une artère vitale de désenclavement et de connectivité régionale, se heurte, dès ses prémices, à la série de contraintes géologiques inhérentes à l’édification d’un tel ouvrage en milieu montagneux. Destiné à forger une liaison directe de près de dix kilomètres entre Marrakech et Ouarzazate, en traversant l’épine dorsale du Haut Atlas, ce chantier d’envergure nationale est désormais confronté à un retard d’ordre technique et temporel. L’annonce, émanant du ministre de l’Équipement et de l’eau, M. Nizar Baraka, devant la Chambre des représentants le 12 janvier, a confirmé l’échec des travaux préparatoires initiaux, pointant du doigt des difficultés majeures liées à la faisabilité technique et à la complexité des conditions géologiques du site.
L’ambition de percer un tel ouvrage souterrain au cœur d’une chaîne de montagnes à la structure lithologique hétérogène et souvent imprévisible exige une analyse géotechnique d’une rigueur absolue. La problématique principale réside dans la méconnaissance ou, du moins, la sous-estimation des contraintes tectoniques et des caractéristiques hydrogéologiques du massif. Si les études préliminaires avaient été menées à terme, le ministre a néanmoins insisté sur la nécessité impérieuse d’une évaluation approfondie des conditions du sous-sol.
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Cette phase d’exploration géologique, bien que retardant le lancement effectif des travaux, constitue un préalable non négociable pour garantir l’intégrité structurelle, la sécurité des futurs usagers et la pérennité de l’infrastructure. L’échec de l’entreprise initialement mandatée pour les travaux préparatoires, qui s’est avérée incapable de mener à bien sa mission, a révélé l’urgence d’une approche plus rigoureuse quant à la nécessité d’une approche technique extrêmement rigoureuse.
L’enjeu de ce tunnel dépasse la simple prouesse d’ingénierie. Il s’inscrit dans une vision stratégique de développement territorial équilibré, visant à fluidifier les échanges et à stimuler l’économie des régions du Sud, historiquement entravées par la difficulté du franchissement du Haut Atlas. En dépit des écueils rencontrés, M. Nizar Baraka a réaffirmé la détermination inébranlable de l’État à mener ce projet à son terme, le qualifiant de priorité nationale. Cette assurance politique est fondamentale, car elle permet de tempérer les inquiétudes suscitées par le blocage temporaire du dossier et de réaffirmer la volonté souveraine de concrétiser cette infrastructure structurante.
La phase actuelle, centrée sur l’évaluation géologique, est donc cruciale. Elle implique une révision des méthodes d’approche et potentiellement une redéfinition des techniques de forage et de soutènement à employer. La complexité sismique de la région, conjuguée à la présence potentielle de failles ou de poches d’eau sous pression, rend l’ingénierie de ce tunnel particulièrement délicate. Il ne s’agit plus seulement de creuser, mais de modéliser avec une précision accrue les interactions entre l’excavation et le massif rocheux environnant. Le coût d’un tel retard, mesuré non seulement en termes financiers mais aussi en termes d’opportunités manquées pour le développement régional, justifie pleinement l’adoption d’une prudence technique maximale.
Source de l’article : Maroc Diplomatique



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