Transport aérien : la flambée du kérosène pourrait renchérir les billets d’avion au Maroc

Transport aérien : la flambée du kérosène pourrait renchérir les billets d’avion au Maroc

La hausse continue du kérosène à l’échelle mondiale place les compagnies aériennes opérant au Maroc face à des défis financiers croissants, avec des prévisions d’un possible impact sur les prix des billets d’avion prochainement. Cette évolution intervient dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés de l’énergie et la hausse de la demande en combustibles stratégiques, ce qui exerce des pressions supplémentaires sur le secteur du transport aérien.

Une source bien informée a indiqué que le prix du kérosène constitue un élément central dans la structure des coûts opérationnels des compagnies aériennes. Sa part représente généralement entre 15 et 30 % des dépenses totales. Dans certains cas, ce coût peut même dépasser le budget consacré aux ressources humaines, ce qui fait de toute hausse des prix du carburant un facteur direct d’augmentation des coûts d’exploitation.

Dans ce contexte, l’économiste Mohammed Jadri estime que l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le secteur aérien est naturel, compte tenu de la forte dépendance de cette activité au carburant. Il a toutefois souligné la nécessité de relativiser ces hausses.

Dans une déclaration à Hespress, Jadri a expliqué que le prix d’un billet d’avion ne dépend pas uniquement du coût du carburant. Il est également influencé par plusieurs autres facteurs, notamment les coûts des ressources humaines, les redevances d’utilisation des aéroports, les taxes imposées par les pays de destination, ainsi que les coûts d’entretien des avions et leur usure au fil du temps.

Le même expert a indiqué que le coût de l’énergie peut représenter, dans certains cas, près de 30 % du prix final d’un billet d’avion. Il a précisé que si les prix de l’énergie se stabilisent autour de 100 dollars le baril, la hausse potentielle des tarifs des billets pourrait se situer entre 7 et 10 % au maximum.

Malgré cela, l’économiste estime que cette augmentation ne constituera pas un véritable obstacle à l’afflux de touristes vers le Maroc. Il a souligné que le Royaume est devenu ces dernières années une destination touristique majeure à l’échelle internationale. L’an dernier, le Maroc a accueilli environ 19,8 millions de touristes, et les prévisions tablent sur entre 21 et 22 millions de visiteurs cette année.

Jadri a également relevé que la présence d’un grand nombre de compagnies aériennes à bas coût reliant le Maroc à plusieurs destinations internationales contribue à maintenir des prix de billets compétitifs, ce qui pourrait limiter l’impact de la hausse des prix du kérosène sur le trafic vers le Royaume.

De son côté, l’économiste et président du Centre marocain pour la gouvernance et le management, Youssef Guerraoui Filali, estime que la hausse actuelle des prix du kérosène est directement liée aux tensions géopolitiques dans certaines régions stratégiques du monde, notamment au Moyen-Orient.

Dans une déclaration à Hespress, Filali a expliqué que cette région, y compris les alentours du détroit d’Ormuz, connaît des tensions militaires et politiques qui entraînent une augmentation de la demande en combustibles stratégiques. Le kérosène, qui constitue un élément essentiel pour l’aviation civile et militaire, fait partie de ces ressources. Cette demande accrue exerce une pression sur les prix mondiaux et se répercute directement sur le coût du transport aérien.

L’expert a ajouté que la hausse des prix du carburant pourrait entraîner une augmentation directe du prix des billets, ce qui pourrait pousser certains voyageurs à reporter leurs déplacements ou à revoir leurs plans de voyage, notamment dans un contexte d’incertitude lié aux tensions géopolitiques et aux perturbations dans certaines routes aériennes.

Il a également indiqué que ces conditions pourraient affecter le trafic dans les aéroports internationaux, que ce soit en raison d’une pression sur la demande ou de perturbations liées aux points de transit aérien, ce qui pourrait influencer le rythme des voyages sur certaines lignes.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc

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