Tension maximale entre Ligue 1+ et beIN Sports pour les droits TV de la Coupe du monde
La FIFA a choisi de se mettre dans l’embarras, alors qu’elle semble pourtant avoir définitivement réglé, la semaine dernière, la vente des droits de diffusion des 104 matches de la prochaine Coupe du monde organisée cet été (11 juin-19 juillet) aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Sans offre depuis des mois, afin de sortir de l’impasse, elle a négocié avec Ligue 1+, la plate-forme de diffusion de la LFP pour la totalité de la compétition (dont 54 matches co-diffusés par M6) pour un montant de près de 20 millions d’euros (17 M€ de droits + 2,5 M€ de frais de production).
Comme demandé par la Fédération internationale, Ligue 1+ a fait valider cet investissement par le conseil d’administration de la LFP et a renvoyé le contrat (rédigé par l’instance) qui lui avait été adressé. Le tout avant le 31 janvier, la date limite indiquée par le vendeur. Au terme de ce processus très encadré et parfaitement classique en matière de droits télévisuels, il ne reste plus que l’ultime validation de la FIFA. Normalement une simple formalité en pareil cas, comme nous l’ont confirmé tous les professionnels du secteur que nous avons interrogés.
La FIFA embarrassée par l’offensive de beIN Sports
Transmis à la FIFA vendredi dernier, le document n’a pas encore été validé par l’instance mondiale, qui prend son temps, embarrassée par une offensive de beIN Sports sur le dossier. Habituel diffuseur des Euros et des Coupes du monde depuis 2012, le diffuseur franco-qatarien n’a manifestement pas formulé d’offre concrète cette fois-ci, attendant certainement le dernier moment, comme il le fait le plus souvent, afin de faire baisser les prix. Même si beIN Sports laisse entendre qu’il a proposé davantage à la FIFA que Ligue 1+ et avant la plate-forme.
Pourtant, lassée d’attendre, la FIFA a donc fait affaire avec Ligue1+. Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG et de beIN Media Group, avait d’ailleurs été informé par Nicolas de Tavernost, le directeur général de LFP Media, la filiale commerciale de la Ligue, de ses intentions, le week-end précédant la réunion des collèges de L1 et de L2 (le mercredi 28 janvier) et celle du conseil d’administration (le lendemain).
Mais beIN Sports a finalement choisi de contre-attaquer. Selon nos informations, elle aurait proposé de manière ferme une somme supérieure à la FIFA, avec dans la balance une offre également pour l’édition 2030 (en Espagne, au Portugal et au Maroc). Voire en y ajoutant encore d’autres droits. Le diffuseur assure qu’il avait formulé une proposition supérieure en amont, ce qui paraît pourtant peu vraisemblable. Pourquoi la FIFA aurait-elle en effet demandé à LFP Media de faire valider son contrat par le conseil d’administration de la LFP si elle possédait déjà une offre supérieure de plusieurs millions d’euros de beIN Sports avec qui elle fait des affaires depuis des années ?
Les dirigeants de Ligue1+ ont demandé une décision rapide
Du côté de Ligue 1+, on guette avec impatience des nouvelles de la Fédération internationale. Les dirigeants de la plate-forme entendent les rumeurs sur une offensive de beIN Sports et ont donc demandé une décision rapide. Pour l’heure, ils ne veulent pas croire que le deal puisse leur échapper au regard du processus complet de négociation et de validation déjà largement entamé. Mais si l’issue n’est pas celle attendue, ils ne resteraient sans doute pas les bras croisés et pourraient engager des recours. Côté beIN Sports, on est aussi dans l’attente et on assure ne pas avoir de retour pour le moment.
Quel que soit son issue, cet épisode prouve en tout cas que beIN Sports et ses dirigeants souhaitent contrecarrer le développement de Ligue1+, vécu comme une gêne. Pour lui-même, et peut-être pour son allié Canal+.
Source de l’article : L'Équipe



Laisser un commentaire