Souss-Massa : des précipitations exceptionnelles, jusqu’à 200 % au-dessus des normales en janvier 2026
Après une période prolongée de sécheresse, la région du Souss-Massa a connu, au début du mois de janvier 2026, un épisode pluviométrique d’une ampleur exceptionnelle. Survenues de manière inattendue, ces précipitations, porteuses d’espoir pour la reconstitution des réserves en eau, appellent toutefois à une vigilance accrue face aux risques associés. Dans ce contexte, la Direction Générale de la Météorologie (DGM) a procédé à l’analyse de cet épisode, révélant des cumuls largement supérieurs aux moyennes saisonnières.
Longtemps confrontée à un déficit hydrique chronique, la région a vu son ciel s’ouvrir entre le 2 et le 4 janvier 2026. Cet événement météorologique a suscité à la fois soulagement et appréhension parmi les populations locales. Les données collectées par la DGM confirment l’intensité remarquable des pluies enregistrées sur l’ensemble du territoire concerné.
Plusieurs localités du Souss-Massa ont ainsi relevé des volumes de précipitations excédant largement les cumuls mensuels habituels pour un mois de janvier. À Taroudant, 70 mm ont été enregistrés, tandis que Tiznit a relevé 45 mm. Ces niveaux correspondent à des excédents oscillant entre 150 % et 200 % par rapport aux normales climatiques de la période. Si ces chiffres sont déjà significatifs en zones urbaines, ils prennent une dimension encore plus marquée dans les secteurs montagneux.
Les reliefs de l’Anti-Atlas et du Haut Atlas occidental ont été particulièrement concernés, avec des intensités de pluie qualifiées d’ « exceptionnelles » par les services météorologiques. En l’espace de trois jours, des cumuls très élevés ont été mesurés :
Tikki : 253 mm
Immouzzer : 197 mm
Tafraout : 149 mm
Tizi-N’Test : 133 mm
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Selon la DGM, cette intensification des précipitations s’explique principalement par l’effet orographique. L’air humide, contraint de s’élever au contact des massifs montagneux, se refroidit progressivement, favorisant la condensation et générant des pluies nettement plus abondantes.
L’organisme météorologique attribue par ailleurs cet épisode à une configuration atmosphérique spécifique, résultant de la combinaison de plusieurs facteurs : le recul de l’anticyclone habituellement dominant, une phase négative de l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO) favorisant des blocages atmosphériques au nord, ainsi que la succession de talwegs et de gouttes froides en direction du bassin méditerranéen et du Maghreb. Cette conjonction a permis l’installation durable de masses d’air instables et fortement chargées en humidité au-dessus du sud du Maroc.
Au-delà de son caractère ponctuel, cette séquence pluvieuse met en évidence une variabilité climatique de plus en plus marquée. Les épisodes humides, lorsqu’ils surviennent, tendent à être plus intenses et concentrés dans le temps. Cette évolution soulève des enjeux majeurs en matière de gestion des risques hydrométéorologiques, notamment les crues soudaines et les glissements de terrain, tout en soulignant l’importance stratégique du stockage et de la valorisation des ressources en eau.
Pour les habitants du Souss-Massa, ces pluies représentent un espoir longtemps nourri pour la recharge des nappes phréatiques, le soutien à l’activité agricole et le remplissage des barrages. Pour les décideurs et les services techniques, cet épisode rappelle la nécessité d’une compréhension approfondie des mécanismes météorologiques, un levier essentiel pour renforcer la prévention, la résilience et la sécurité des territoires.
Source de l’article : Maroc Diplomatique



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