S’implanter en franchise au Maroc : le guide

En plein développement, le marché marocain de la franchise réserve de belles opportunités. À condition de ne pas débarquer pour copier-coller un concept mais plutôt de jouer la carte de l’adaptation aux spécificités locales. Revue de détails avec Rachid Lasri, expert du retail et de la franchise au Maroc.

Les spécificités du marché marocain de la franchise

Sur les quinze dernières années le marché de la franchise au Maroc a progressé de 25% … par an. Bilan, un volume d’affaires annuel estime à 20 milliards de dirhams marocains (environ 1,87 milliards d’euros) pour 745 réseaux actifs selon les derniers chiffres de la Fédération marocaine de la franchise*. « 80% des franchises marocaines sont internationales. Essentiellement des enseignes françaises, italiennes et espagnoles dans les secteurs du textile, de la beauté, de la restauration et depuis quelques années du bien-être et du fitness » , souligne Rachid Lasri, expert du retail et de la franchise, spécialisé dans l’implantation et la structuration de réseaux au Maroc et en Afrique. « Urbanisation rapide, montée progressive des classes moyennes et surtout marché encore sous-structuré : c’est une combinaison de facteurs qui attire les franchiseurs internationaux au Maroc » ajoute-t-il.

Aujourd’hui, près de 80 % du commerce de détail marocain passe encore par l’informel ou les petites structures. C’est précisément cette réalité qui crée un espace important pour les enseignes organisées.

Cette logique dépasse largement le commerce de détail, elle concerne aussi les franchises de services, de restauration, de santé, d’éducation ou de fitness, où l’adaptation aux usages locaux est tout aussi décisive. « Le Maroc n’est pas un marché qui copie. C’est un marché qui » adapte « . Les concepts qui échouent sont souvent ceux qui arrivent avec un copier-coller depuis l’Europe. Ceux qui réussissent ont compris une chose essentielle : ici, la proximité, la praticité et des prix justes pèsent plus lourd que le marketing » , conclut cet expert.

Ce qu’il faut savoir pour devenir franchiseur au Maroc

Les règles juridiques pour intégrer le marché marocain « La grande différence avec l’Europe, c’est qu’il n’existe pas de loi spécifique pour la franchise. Contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas un handicap. C’est même une force » , prévient Rachid Lasri, également fondateur de Sadura Retail et Sadura Afridev, des structures qui accompagnent des enseignes françaises et internationales dans leur implantation au Maroc et en Afrique.

Le cadre est essentiellement contractuel. « Le contrat de franchise est donc central : il doit définir précisément les droits, obligations, territoires, standards, accompagnement et modalités de sortie. Cette liberté est un avantage, mais elle exige rigueur et clarté dès le départ » , ajoute-t-il.

Les démarches administratives

Pour se lancer comme franchiseur au Maroc, Les démarches sont relativement simples. Il faut créer une structure locale ou nouer un partenariat avec un entreprise locale, enregistrer sa marque et effectuer les formalités commerciales classiques. « L’administration n’est pas un frein majeur à l’implantation » , insiste-t-il.

Comment se financer au Maroc ?

Un franchiseur finance avant tout son entrée sur le marché : adaptation du concept, structuration du réseau, formation, accompagnement et parfois support opérationnel. Il n’existe pas de financement spécifique dédié aux franchiseurs étrangers.

Des aides financières pour les entrepreneurs au Maroc ?

Au Maroc, point d’aides publiques dédiées à la franchise, ni pour les enseignes locales ni pour les réseaux étrangers. L’implantation repose avant tout sur la solidité du modèle, la stratégie d’entrée et le choix du bon partenaire.

Vous souhaitez devenir franchisé, comment se lancer au Maroc ?

Pour se lancer, les étapes sont claires :

Choisir une enseigne qui maîtrise réellement son marché, pas un concept simplement à la mode,

Vérifier la rentabilité réelle, pas celle des plaquettes commerciales,

Valider l’emplacement, car au Maroc il peut faire gagner 30 %… ou en faire perdre 50 %,

Structurer le financement, en combinant banques et outils existants, sans jamais négliger l’apport personnel et la discipline financière. « Les franchisés qui échouent sont souvent ceux qui pensent que » la marque va tout faire « . Ce n’est pas vrai. Au Maroc, un franchisé doit être présent, formé et rigoureux » , insiste notre expert du retail.

La Coupe du monde de foot 2030 va-t-elle booster le marché de la franchise ? « Oui, cette compétition mondiale de foot qui se déroulera au Maroc, en Espagne et au Portugal va constituer un accélérateur économique majeur pour le Maroc. Elle va entraîner un développement important des infrastructures commerciales et touristiques, une montée des standards en matière de qualité, de service et d’expérience client, ainsi qu’une augmentation durable des flux et de la consommation » , soutient Rachid Lasri.

L’événement va accélérer une transformation déjà engagée à savoir une structuration du marché, une montée en gamme et la professionnalisation des réseaux. Les enseignes déjà solides et bien structurées seront les principales bénéficiaires de cette dynamique. « Le véritable impact se jouera surtout dans la modernisation des villes secondaires : Kénitra, Meknès, Fès, Oujda, Tétouan, Laâyoune, Dakhla. Ce sont ces territoires qui capteront la prochaine vague de franchises. 2030 ne sera pas un feu d’artifice mais une accélération structurelle » , conclut-il.

*Franchise Exhibition Morocco 2026 – Du 15 au 17 avril 2026.

Source de l’article : L'Express Franchise