Séismes à Fès-Meknès : la science éclaire l’inquiétude
Après deux secousses sismiques enregistrées en l’espace de quelques heures dans la région de Fès-Meknès, l’inquiétude s’est installée chez une partie de la population. Face aux interrogations et aux interprétations parfois erronées, Nacer Jabour, Chef de Division à l’Institut National de Géophysique, apporte un éclairage scientifique essentiel pour comprendre la nature réelle de ces phénomènes et relativiser leur portée.
Un retour d’activité, pas un phénomène inédit
Contrairement à une idée largement répandue, la région de Fès-Meknès n’est pas étrangère à l’activité sismique. Selon Nacer Jabour, les secousses récemment enregistrées s’inscrivent dans un historique connu de nouvelles phases d’activité intermittente, déjà observées par le passé. « Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. La région a connu des épisodes similaires au cours des années précédentes. Ces deux secousses peuvent être interprétées comme une reprise ponctuelle de l’activité sismique » , explique le responsable de l’Institut National de Géophysique.
Une zone à activité sismique modérée
Sur le plan géologique, la région se situe à proximité du système tectonique du Rif, une zone reconnue pour son activité sismique. Cette configuration place Fès-Meknès dans la catégorie des zones à sismicité modérée, en comparaison avec d’autres régions du Royaume. « L’activité sismique n’est ni continue ni régulière. Elle peut s’atténuer pendant de longues périodes avant de réapparaître soudainement, sans que cela n’annonce nécessairement un événement majeur » , précise Nacer Jabour.
Des secousses faibles, mais perceptibles
Les secousses enregistrées, dont l’une a atteint environ 4.1 degrés sur l’échelle de Richter, et une autre estimée à 2,7 degrés, restent classées comme faibles à modérées. Toutefois, leur perception par la population s’explique par la proximité de l’épicentre et par les conditions locales.
Dans certains cas, une secousse peut être ressentie jusqu’à une centaine de kilomètres de son épicentre, même avec une magnitude relativement modeste.
Pourquoi les chiffres varient selon les sources
Les écarts observés entre les données publiées par certaines applications internationales et celles communiquées par l’Institut National de Géophysique sont également expliqués par le spécialiste.
Les plateformes internationales s’appuient sur des réseaux de stations éloignées, tandis que les stations nationales, plus proches de la zone concernée, offrent une précision de mesure plus élevée. « Nos instruments permettent d’affiner l’évaluation réelle de la magnitude, ce qui explique certaines différences avec les estimations initiales » , souligne-t-il.
Pas d’indicateurs alarmants à ce stade
À ce stade, aucun autre événement sismique significatif n’a été enregistré après la secousse matinale. La surveillance reste permanente, mais les données disponibles ne laissent pas présager une évolution inquiétante. « Nous espérons que ces secousses resteront isolées. La vigilance est maintenue, mais il n’y a pas lieu de céder à la panique » , conclut Nacer Jabour.
Informer pour rassurer
Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient rapidement les inquiétudes, l’intervention des experts s’avère essentielle. En apportant une lecture scientifique rigoureuse, l’Institut National de Géophysique rappelle que la connaissance et la compréhension des phénomènes naturels restent les meilleurs outils pour rassurer et prévenir.
Source de l’article : Industries Du Maroc



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