Sahara et Maghreb : un ancien ministre tunisien défend la position marocaine
L’ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, a déclaré que le dossier du Sahara est désormais gagné et définitivement tranché en faveur du Maroc. Selon lui, l’impasse diplomatique entre la Tunisie et le Maroc est incompréhensible et devrait être dépassée.
Dans une déclaration à Hespress, Ahmed Ounaies, qui a été ministre des Affaires étrangères en Tunisie en 2011 en pleine révolution, a souligné que « le Royaume du Maroc a enregistré des succès majeurs dans la gestion du dossier de son intégrité territoriale, notamment en obtenant des positions inédites de pays de poids dans le bassin occidental de la Méditerranée, dont l’Espagne et la France, ainsi que, auparavant, les États-Unis qui ont reconnu de manière définitive la marocanité des territoires sahariens » .
Ces avancées, ajoute l’ancien chef de la diplomatie tunisienne, font que « le dossier du Sahara est désormais gagné et définitivement tranché en faveur du Maroc, sans possibilité de retour en arrière » .
Selon lui, le vote de la loi criminalisant la colonisation récemment adoptée en Algérie, constitue une réaction algérienne au soutien de la France au soutien au Maroc dans le dossier du Sahara. « Le vote récent par le Parlement algérien d’une loi criminalisant la colonisation, ainsi que la demande adressée à la France de présenter des excuses officielles pour son passé colonial en Algérie, constituent une réaction algérienne au soutien de Paris à la solution d’autonomie au Sahara marocain et au choix adopté par le président Emmanuel Macron sur ce dossier » , a-t-il affirmé.
Au niveau bilatéral, Ahmed Ounaies a constaté la poursuite d’une situation de « gel » dans les relations diplomatiques entre la Tunisie et le Maroc, indiquant que cette impasse diplomatique est incompréhensible.
Ounaies a également relevé la vacance persistante des postes d’ambassadeur du Maroc à Tunis et de la Tunisie à Rabat, alors que « la tradition diplomatique a toujours voulu que le chef de mission ait le rang d’ambassadeur » .
Il a estimé que la raison de la réduction du niveau de la représentation diplomatique entre les deux pays réside dans « la visite du chef du polisario en Tunisie pour participer au sommet TICAD en 2022, qui n’était nullement une invitation tunisienne, mais une invitation de l’Union africaine à laquelle le Japon avait confié la mission d’inviter ses membres » , a justifié l’ancien ministre. « Brahim Ghali y a donc assisté en tant que représentant de ce qui est appelé la république sahraouie, que je considère comme une entité vide et sans avenir. Dès lors, le président de la République tunisienne n’a fait qu’accomplir son devoir protocolaire » , a poursuivit Ounaies, et de déclarer: « Il faut toutefois dépasser ce blocage, car la Tunisie n’a jamais reconnu cette entité » .
Pour rappel, le chef du groupe séparatiste, Brahim Ghali a été reçu personnellement par le président tunisien, Kais Saied, qui lui a réservé un accueil officiel comme s’il s’agissait d’un chef d’Etat, alors que plusieurs présidents africains n’ont pas reçu le même accueil.
Le Japon qui organisait le Sommet avec les pays africains, et qui ne reconnait pas la pseudo « rasd » , a affirmé ne pas avoir invité le polisario. Des informations ont également révélé la procédure d’invitation qui devait être signée aussi bien par la Tunisie que le Japon.
Après le retrait de la délégation marocaine du Sommet, et le rappel de l’ambassadeur Hassan Tariq, qui a suivi, la Tunisie a choisi la réciprocité au lieu de désamorcer les tensions. Cette escalade diplomatique a conduit à une situation de gel diplomatique, et aujourd’hui le Maroc n’a pas d’ambassadeur en poste à Tunis.
Réagissant à une question sur les sommets ayant réuni la Tunisie, l’Algérie et la Libye, et interprétés comme une tentative de mettre en place une entité maghrébine trilatérale en remplacement de l’Union du Maghreb arabe dans sa configuration à cinq, l’ancien diplomate tunisien a expliqué que cela aurait été fait sous la pression de pays européens. « La Tunisie est confrontée à un afflux de migrants en situation irrégulière en provenance de la Libye et du territoire algérien. C’est pourquoi, sous la pression de nos partenaires européens, des sommets ont été organisés entre la Tunisie et ses voisins algérien et libyen dans le but de protéger le territoire tunisien contre les flux migratoires vers l’Europe, sans aucune intention de créer une union maghrébine alternative » , a-t-il déclaré.
Le diplomate tunisien a estimé qu’il fallait réactiver et relancer l’Union du Maghreb arabe, disant que son pays aurait un rôle à jouer dans le rétablissement des relations entre Rabat et Alger. « Je regrette personnellement la décision de l’Algérie de rompre ses relations avec le Maroc. Cette décision ne fait que renforcer notre détermination à œuvrer pour la réactivation de l’Union du Maghreb arabe. À mon avis, l’État qui porte la plus grande responsabilité dans les efforts visant à rétablir les relations entre Rabat et Alger est la Tunisie » , a-t-il déclaré en ce sens.
Enfin, sur le sujet des informations faisant état d’un accord sécuritaire entre l’Algérie et la Tunisie, permettant de faire intervenir les troupes de l’armée algérienne sur le sol tunisien, Ounaies a répondu que les termes de cet accord n’ont pas pu être vérifiés ni consultés dans leurs forme originale. « Ce qui a circulé dans les médias évoque une clause autorisant l’armée algérienne à pénétrer jusqu’à 50 kilomètres à l’intérieur du territoire tunisien pour poursuivre des terroristes en cas de leur infiltration depuis l’Algérie vers la Tunisie » , a-t-il déclaré. « Nous ignorons si ces informations sont exactes, mais j’espère sincèrement que ce qui circule est éloigné de la réalité » , a-t-il ajouté, notant que les élites tunisiennes ont exprimé des inquiétudes quant à cette clause, en raison du risque qu’elle pourrait faire peser sur la souveraineté tunisienne.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



Laisser un commentaire