Sahara : entre pressions américaines et isolement, le polisario face au réalisme diplomatique
Le Front séparatiste du polisario, par la voix de son chef Brahim Ghali, a exprimé sa disposition à partager la « facture de la paix » avec le Maroc. Cette déclaration a été faite lors de son intervention en marge de la quatrième édition du Séminaire arabe international de solidarité avec le front, organisée dans les camps de Tindouf, en Algérie. Ghali a affirmé que la question du Sahara est « juridiquement claire » , s’appuyant sur la résolution du Conseil de sécurité adoptée en octobre dernier.
Le chef du polisario a en ce sens souligné que la solution « juste, durable et définitive » doit être conforme à la Charte des Nations unies et garantir « le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination » , affirmant que le Front « ne se substituera pas aux Sahraouis dans la détermination de leur avenir » .
Ghali a également indiqué que le polisario est prêt à faire preuve d’une flexibilité totale et à coopérer avec les efforts internationaux visant à parvenir à une solution globale, tout en accusant certaines parties internationales de mettre en péril le processus de paix et de prolonger le conflit.
Ces déclarations interviennent alors que des démarches américaines sont en cours pour relancer le processus politique au Sahara, notamment après la visite en Algérie de Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires africaines et moyen-orientales. Cela reflète la sensibilité du polisario aux pressions américaines indirectes, en plus des pressions directes exercées par l’Algérie.
Les dernières nouvelles concernant l’Algérie, notamment son ouverture aux investissements étrangers précisément américains, et sa volonté de concurrencer le Maroc sur la connectivité avec l’Europe en matière d’énergie et d’infrastructures, semblent indiquer qu’il s’agirait d’une monnaie d’échange ou des concessions pour établir des relations avec les Etats-Unis, et obtenir plus tard un outil de pression.
Réagissant à ces propos, Ramadan Massoud, président de l’Association Sahraouie de Défense des Droits de l’Homme (ASADEDH) a estimé que les récentes déclarations de Brahim Ghali traduisent une contradiction manifeste et une confusion évidente dans la position du polisario, notamment dans un contexte d’accélération des évolutions internationales concernant le dossier du Sahara marocain.
Pour lui, la communauté internationale, en particulier les États-Unis, tend désormais à marginaliser le polisario, en limitant les consultations à l’Algérie en tant que partie directe et principale au conflit.
L’acteur associatif Sahraoui a estimé, en outre, que le discours de Brahim Ghali ne s’est fait devant aucune instance officielle internationale ou arabe, ce qui illustre l’isolement réel du polisario en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, ainsi que dans plusieurs pays arabes et africains.
De même, Ramadan Massoud a relevé que la persistance de cet isolement international, combinée au monopole algérien des discussions de paix, fragilise davantage la position du polisario et rend tout discours sur une « solution commune » purement rhétorique, sans effet concret.
Il explique à ce titre que l’isolement croissant et pesant du polisario est palpable par la montée en puissance du nombre de reconnaissances de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud et par l’ouverture de plusieurs consulats généraux dans ces régions.
Les manigances de l’Algérie révélées au grand jour, son inimitié manifeste envers le Maroc, et les attaques signées par la milice séparatiste ont également renforcé le sentiment de méfiance des capitales mondiales à l’égard de cette organisation appelant à la prise des armes.
Toutefois, souligne l’analyste, malgré les tentatives du polisario de préserver son image auprès de l’opinion publique, la réalité de son influence internationale et les reconnaissances successives en faveur du Maroc prouvent le contraire, le plaçant dans une position de faiblesse inédite depuis 1975.
Ramadan Massoud a conclu que toute démarche future du polisario dépendra des pressions internationales directes et indirectes, soulignant que les solutions réalistes exigent la reconnaissance du Maroc comme acteur central dans tout accord futur concernant le Sahara.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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