« Rue Málaga » de Maryam Touzani, ode aux femmes et à la liberté

« Rue Málaga » de Maryam Touzani, ode aux femmes et à la liberté

Après « Adam » et « Le Bleu du Caftan » , Maryam Touzani retourne dans son Tanger natal pour y filmer la deuxième jeunesse d’une octogénaire espagnole interprétée par Carmen Maura.

Décidément placées sous le signe de la vieillesse et ses désirs, les sorties de février mettaient déjà en lumière une autre octogénaire insoumise dans Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro. Tout comme sa consœur brésilienne, l’héroïne de Maryam Touzani décide à 79 ans, de se réapproprier un destin a priori tout tracé.

Contrainte par sa fille à abandonner l’appartement tangérois dans lequel elle a toujours vécu, Maria Angeles finit par se rebeller et décide de retourner y habiter illégalement, quitte à se retrancher dans les placards pendant les visites immobilières. (Rien de nouveau pour Carmen Maura, qui dans Volver de Pedro Almodóvar était déjà contrainte d’occuper en cachette les recoins de la maison familiale.) Après avoir racheté un par un ses meubles à l’antiquaire dont elle tombe au passage amoureuse, Maria Angeles retrouve progressivement tous les morceaux de sa vie et plus encore, renouant aussi avec son corps et sa sexualité dans de jolies scènes d’amour.

Un manque de profondeur

Si le film de Maryam Touzani détourne habilement le cliché de la mère sacrificielle tout en proposant une jolie vision du corps féminin vieillissant, il peine cependant quelque peu à donner du relief et de la complexité à son personnage principal. Constamment douce et ravie, Maria Angeles finie par trop ressembler à la gentille grand-mère de cinéma et manque d’un caractère à la hauteur de ses actions.

Source de l’article : Les Inrocks

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