Ramadan : l’offre locale de dattes progresse, mais les importations restent incontournables
Après plusieurs campagnes éprouvantes, marquées par la sécheresse et la fragilisation des oasis, la production marocaine de dattes connaît un regain notable. Pour la saison 2025-2026, elle est estimée à près de 160 000 tonnes, soit une hausse de plus de 50 % par rapport à l’année précédente. Ce redressement s’explique par des conditions climatiques relativement plus favorables et par les efforts engagés dans le cadre de la stratégie Génération Green, notamment la remise à niveau des palmeraies et l’amélioration des techniques de culture.
La région de Drâa-Tafilalet demeure le principal pôle de production, devant Souss-Massa et l’Oriental. Toutefois, cette évolution reste inégale. Dans plusieurs zones, la rareté de l’eau et le vieillissement des palmiers continuent de freiner la productivité et la régularité de l’offre, limitant ainsi la compétitivité des dattes locales sur le marché.
Malgré cette hausse des volumes, les importations demeurent élevées. En 2025, le Maroc a fait entrer près de 100 000 tonnes de dattes, pour une valeur avoisinant 1,3 milliard de dirhams. Ces produits, principalement originaires de Tunisie, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, correspondent à des variétés largement plébiscitées par les consommateurs, surtout durant le mois de Ramadan.
Le prix moyen à l’importation, compris entre 13 et 15 dirhams le kilogramme, reflète les tensions sur les marchés internationaux ainsi que la hausse des coûts de transport. Cette situation continue de peser sur la balance commerciale, malgré l’amélioration de l’offre nationale.
Le déséquilibre du marché des dattes au Maroc reste avant tout structurel. Si la production locale augmente, elle ne répond pas encore pleinement aux attentes des consommateurs en matière de diversité des variétés, de présentation, de qualité constante et de disponibilité tout au long de la saison. À l’inverse, les dattes importées parviennent à satisfaire ces exigences, ce qui explique leur présence soutenue sur le marché.
Les exportations marocaines restent marginales et se limitent à quelques marchés de niche en Europe et en Afrique de l’Ouest, freinées par la dispersion de l’offre et les contraintes sanitaires et logistiques.
À l’approche du Ramadan, la filière de la dattière marocaine se retrouve ainsi face à un défi persistant. Si l’augmentation de la production permet d’éviter les pénuries, elle ne suffit pas à réduire la dépendance aux importations ni à stabiliser durablement les prix. La réponse passe désormais par une meilleure structuration de la filière, une montée en gamme de l’offre locale et une adaptation plus fine aux préférences des consommateurs.
Source de l’article : Lesinfos.ma



Laisser un commentaire