Quand le transport rapproche les Marocains de l’emploi
D’après un récit de terrain publié par la Banque mondiale, les investissements engagés dans le transport urbain au Maroc commencent à produire des effets concrets sur l’accès à l’emploi, à la formation et aux services essentiels, tout en améliorant la qualité de vie dans les grandes villes.
Dans un Maroc qui connait à une urbanisation rapide et une pression croissante sur les infrastructures, la question de la mobilité s’impose comme un enjeu économique et social de premier plan. Loin de se limiter à la fluidité du trafic, le transport urbain devient progressivement un levier structurant pour l’inclusion, l’emploi et la résilience des villes.
À travers le Programme de transport urbain, soutenu par la Banque mondiale, plusieurs grandes agglomérations ont engagé une modernisation de leurs réseaux, combinant investissements dans les infrastructures, amélioration des systèmes et renouvellement du matériel roulant. L’objectif est clair : rendre les déplacements plus rapides, plus fiables et plus accessibles pour des millions de citadins.
À Casablanca, la mise en service d’une ligne de Bus Rapid Transit (BRT) illustre cette transformation. Ce mode de transport à haut niveau de service permet de réduire sensiblement les temps de trajet tout en offrant une alternative crédible à la voiture individuelle. Pour de nombreux usagers, cette fiabilité nouvelle change les habitudes et élargit l’horizon professionnel. « Depuis la mise en service du BRT, mon trajet quotidien est devenu beaucoup plus rapide et confortable », témoigne Fatima, employée de bureau à Casablanca. « Des bus abordables et fiables m’ont permis de travailler en dehors de mon quartier », ajoute la dame citée dans le récit de la Banque mondiale.
Rabat et Agadir connaissent une dynamique comparable. La meilleure intégration entre bus, tramway et autres modes de transport a permis de réduire les temps d’attente et de simplifier les correspondances. Selon les éléments mis en avant par la Banque mondiale, les usagers gagnent en moyenne au moins 20 minutes par jour sur leurs déplacements. Un gain de temps qui améliore la qualité de vie, mais qui facilite aussi l’accès à l’emploi, à la formation et aux services urbains. « Les corridors de transport améliorés m’ont permis de rejoindre plus facilement mon lieu de travail », explique Youssef, usager à Agadir. « La ville est aujourd’hui beaucoup mieux connectée », affirme-t-il.
Pour les jeunes, cette amélioration de la mobilité joue également un rôle déterminant. « Les nouvelles lignes m’ont permis de suivre une formation professionnelle à l’autre bout de la ville », souligne Salma, jeune stagiaire. « Aujourd’hui, je suis plus confiante quant à mon avenir professionnel ».
Au-delà de la performance des réseaux, les projets mettent l’accent sur la sécurité et l’inclusion. Les stations sont mieux éclairées, équipées de caméras et encadrées par des agents, améliorant le sentiment de sûreté, notamment pour les femmes et les étudiants lors des déplacements nocturnes. « L’éclairage et les caméras m’ont fait me sentir beaucoup plus en sécurité, surtout le soir », confie Nadia, étudiante à Casablanca. Les bus et les stations ont également été conçus pour être accessibles aux personnes en situation de handicap, tandis que de nouveaux itinéraires relient des quartiers longtemps enclavés aux centres urbains, aux hôpitaux et aux bassins d’emploi.
Ces investissements répondent aussi à des enjeux environnementaux. En renforçant l’attractivité des transports publics, ils encouragent une réduction de l’usage de la voiture individuelle, contribuant ainsi à limiter les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air dans les grandes villes.
Selon la Banque mondiale, les projets de transport urbain au Maroc ont déjà touché 158 000 bénéficiaires directs, dont près de 45 % de femmes, illustrant l’impact de la mobilité sur l’inclusion économique et sociale. Plus largement, cette expérience montre que le transport urbain s’affirme comme une politique publique transversale, au carrefour de l’emploi, de la cohésion sociale et de la transition écologique.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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