« Quand ils partent, on est soulagés d’être encore en vie », Une famille franco-canadienne séquestrée à Zanzibar
L’île de Zanzibar est une destination à la mode qui n’est pas présentée comme à risque pour les touristes. C’est la raison pour laquelle Arnaud et Andréa, un couple franco-canadien, ont décidé de parler publiquement de la violente agression dont ils ont été victimes là-bas. Originaires du Sud Gironde mais installés au Canada ils sont partis de Montréal en juillet dernier pour faire un tour du monde avec leurs enfants, âgés de 7 et 9 ans.
D’abord intéressée par l’Afrique du Sud pour y faire un safari, la famille change d’avis, justement pour des raisons de sécurité et lui préfère Zanzibar. Elle passe deux semaines « idylliques » sur l’île entre plage et petits villages, selon Arnaud, et reçoit un très bon accueil de la population. Le couple sympathise avec un chauffeur de taxi qui leur propose un tarif intéressant. « Cela se fait beaucoup d’aller à la rencontre des touristes pour proposer des activités, et des courses en taxi pour s’y rendre » , précise Arnaud, qui vient de passer plusieurs semaines en famille, en Egypte et au Maroc. « C’était très organisé » Au moment de leur transfert entre deux hébergements, le 13 novembre, leur contact se présente avec un autre homme « dans un taxi blanc officiel, typique de Zanzibar » , précise Arnaud. S’il n’est pas inquiet, il prend la précaution de vérifier en temps réel la direction avec son téléphone. Sur le trajet, le chauffeur leur dit qu’il va récupérer deux collègues pour les déposer dans l’agence de voyages dans laquelle ils travaillent. Là encore, Arnaud ne s’inquiète pas, c’est une pratique courante en Afrique. Mais les choses se corsent quand le taxi change de direction en prétextant vouloir éviter du trafic et s’arrête dans un petit chemin au milieu des bois. « J’avais un homme de chaque côté et ils m’ont pris par les bras. Notre contact, le seul qui s’exprimait et qui avait l’air d’être le boss, nous a dit qu’il était de la mafia et que tout se passerait bien si on coopérait » , raconte Arnaud. Ils cherchent de l’argent et le couple ne bataille pas, leur donnant accès à tout ce qu’ils veulent. « Je n’allais pas essayer de faire le héros » , estime Arnaud. Ils s’emparent alors de toutes les cartes de crédit et le « chef » va retirer de l’argent au village le plus proche.
Un préjudice évalué à 13.000 euros « C’était très long, très angoissant » , se remémore le père de famille. A l’intérieur du taxi aux vitres teintées, leurs agresseurs prennent la précaution de mettre le volume de la musique à fond pour couvrir d’éventuels cris et de disposer les gros sacs à dos des touristes devant eux, quand un passant se présente. « C’était très organisé » , estime Arnaud. En comptant le vol de leurs téléphones et de leur matériel électronique, le préjudice s’établit au total à environ 13.000 euros.
Quand ils repartent en laissant la famille au milieu des bois, six heures après le départ de l’hôtel, c’est « un gros soulagement d’être encore en vie » , souffle Arnaud. Sous le choc, ils font du stop jusqu’au village le plus proche, et ne suivent pas l’étape initialement prévue, et connue de leurs agresseurs, préférant se rabattre sur le premier hôtel où ils ont séjourné. Heureusement, ils sont encore en possession de leurs passeports et de leurs cartes de crédit canadiennes (pas de leurs cartes de débit) et organisent au plus vite leur retour en France, le 16 novembre, auprès de leurs familles.
Ils ont déposé une plainte à distance en décembre. Trois mois après cette violente agression, la famille est encore traumatisée et se donne un peu de temps pour reprendre son tour du monde avant de rentrer à Montréal en juin. Elle ne veut pas que cet épisode gâche tout son projet mûri de longue date et se prépare à partir en Asie. « Le premier taxi qu’on va prendre, il y aura forcément une appréhension » , lâche Arnaud.
Source de l’article : 20 Minutes



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