Production de tomates : Le Maroc devance l’Espagne en productivité en 2024
Le Maroc consolide, année après année, sa place dans la cartographie mondiale de la production de tomates. En 2024, le Royaume s’est hissé au 14ᵉ rang mondial en volume, selon les données les plus récentes de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Mais au-delà du classement brut, c’est surtout sur le terrain de la productivité que l’agriculture marocaine se distingue, devançant plusieurs puissances agricoles établies, dont l’Espagne, figure historique du secteur au sein de l’Union européenne.
Les chiffres compilés par la plateforme spécialisée Hortoinfo, à partir des statistiques de Faostat, dessinent les contours d’un marché mondial toujours dominé par quelques grands acteurs. En 2024, la production globale de tomates a atteint 188,49 milliards de kilogrammes, cultivés sur près de 5,12 millions d’hectares, pour un rendement moyen plafonnant à 3,68 kilogrammes par mètre carré.
Dans ce paysage, la performance marocaine tranche nettement. Avec une production de 1,686 milliard de kilogrammes, issue d’une superficie relativement contenue de 16.374 hectares, le Maroc affiche un rendement de 10,30 kilogrammes par mètre carré. Un niveau de productivité qui dépasse largement la moyenne mondiale et surclasse celui de plusieurs grands producteurs internationaux.
La comparaison avec l’Espagne est, à cet égard, révélatrice. Si le pays ibérique conserve une avance en termes de volume total, avec 4,57 milliards de kilogrammes produits en 2024, son rendement reste inférieur, à 8,24 kilogrammes par mètre carré, soit environ 20 % de moins que celui enregistré au Maroc. Un différentiel qui souligne l’écart d’efficacité entre les deux modèles agricoles.
Cette performance marocaine s’explique par une évolution progressive mais marquée de son appareil productif. Le développement des cultures sous serre, l’amélioration des techniques agricoles et une gestion plus fine des intrants — eau, énergie et organisation des filières — ont permis d’optimiser la production par unité de surface, dans un contexte pourtant marqué par des contraintes climatiques croissantes.
À l’échelle mondiale, la hiérarchie reste dominée par la Chine, dont la production dépasse 61,6 milliards de kilogrammes, représentant 32,69 % du total mondial. Elle est suivie par l’Inde, la Turquie, les États-Unis et l’Égypte. Le Maroc, classé parmi les producteurs de taille intermédiaire, se distingue néanmoins par un rendement qui lui assure une position concurrentielle solide sur les marchés internationaux.
La comparaison avec les Pays-Bas, champions mondiaux de la productivité avec près de 47,89 kilogrammes par mètre carré, met en lumière le rôle déterminant du modèle de production. Là où l’agriculture néerlandaise repose quasi exclusivement sur des serres de haute technologie, le Maroc combine cultures protégées et cultures en plein champ. Dans ce cadre, le niveau de rendement atteint apparaît comme un indicateur tangible de la montée en gamme de son agriculture.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de demande européenne soutenue pour la tomate marocaine, portée par la compétitivité des prix, la régularité de l’approvisionnement et la proximité géographique. Autant de facteurs qui renforcent le rôle du Royaume comme maillon central des chaînes d’approvisionnement agricoles et lui confèrent un avantage comparatif face à plusieurs producteurs européens.
Les données disponibles confirment ainsi une inflexion stratégique claire : le Maroc ne mise plus uniquement sur l’augmentation des volumes, mais oriente désormais son développement agricole vers l’amélioration des rendements et de la qualité. Une approche appelée à renforcer durablement sa compétitivité internationale, dans un contexte marqué par le changement climatique et la raréfaction des ressources hydriques.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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