Prêt à lancer sa compétition après une longue blessure, le capitaine marocain Achraf Hakimi appelle à l’unité : « On doit être tous ensemble pour gagner cette CAN »
Vendredi soir, mi-adjoint de Walid Regragui, mi-douzième homme, il a agité les bras pendant l’interminable temps additionnel, il s’est presque invité sur le terrain pour faire basculer le destin du Maroc contre le Mali (1-1). Dimanche matin, il s’est pointé à la conférence de presse d’avant-match, et le ton a été différent par rapport à celle précédant Maroc-Comores, la voix plus ferme, presque martiale. « On a besoin de tout le monde, des supporters et des journalistes, a précisé d’entrée Achraf Hakimi. Je n’ai pas beaucoup aimé ce qui s’est passé à la mi-temps du premier match et à la fin du deuxième (les sifflets entendus). Je pense qu’on joue à la maison. On a besoin du soutien de tous les supporters. On doit être tous ensemble pour gagner cette CAN. » Tous ensemble, et lui à sa meilleure place, sur la pelouse. Après avoir joué la prudence sur le début de compétition, Regragui a décidé de relancer Hakimi ce lundi soir contre la Zambie, pour quelques minutes au moins. « On a fait deux matches sans notre Ballon d’Or, sans notre meilleur joueur, sans notre capitaine, l’un des meilleurs joueurs du monde, a expliqué le sélectionneur des Lions de l’Atlas. On ne s’est pas cachés, des joueurs ont pris le relais. Mais est-ce qu’on serait une équipe différente avec Achraf ? Certainement. » Question facile, réponse limpide.
Côté état de santé, cinquante-cinq jours après le tacle de desperado de Luis Diaz sur sa cheville gauche, lors d’une défaite parisienne au Parc des Princes contre le Bayern Munich en Ligue des champions (1-2), la donne s’avère forcément plus délicate, plus versatile. « Je ne me sentais pas à 100 % pour jouer le dernier match » , a reconnu Hakimi. À 27 ans, il se connaît mieux. Au Qatar, fin 2022, il avait forcé, repoussé toutes ses limites, fini avec les adducteurs en feu. Il l’avait payé, il lui avait fallu attendre l’été 2023 pour revenir au sommet de sa forme et de son moral.
Un programme de remise en forme soigné
Cette fois, il a géré sa reprise avec un atout précieux dans sa manche, Christophe Baudot, l’ancien docteur de l’OM, de l’OL et du Paris-SG. Responsable de la sélection marocaine, ce médecin du sport perspicace a dessiné un parcours varié au joueur, en lien avec le club de la capitale, et parfois éloigné de Poissy. Comme au centre Innova, à Murcie, aux côtés du physiothérapeute Victor et du volubile Nayef Aguerd, qui doit surveiller un début de pubalgie depuis plusieurs mois. Avant l’ouverture de la compétition, Regragui a salué son assiduité : « Je tiens à lui dire merci, a ajouté le coach. Achraf s’est sacrifié pendant quatre à cinq semaines pour le pays. » Près de lui, Hakimi avait alors à peine relevé. Il a encore en tête un échec majeur, ce huitième de finale de la précédente CAN, perdu face à l’Afrique du Sud (0-2), ce penalty manqué en fin de match alors qu’il pouvait remettre les deux équipes à égalité. Il y a parfois des blessures qui ne cicatrisent jamais, ou alors un 18 janvier, sur le toit de l’Afrique.
Source de l’article : L'Équipe



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