Première réunion du Conseil de la paix : quels résultats ?

Première réunion du Conseil de la paix : quels résultats ?

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La première réunion du Conseil de la paix s’est tenue à Washington du 18 au 20 Février 2026 à l’Institut pour la paix Donald Trump. L’objet principal de cette réunion était la coordination internationale pour la reconstruction de Gaza ainsi que la stabilisation post-conflit dans la région. Ont participé à cette réunion les représentants de 47 pays, soit sous forme de membres ou d’observateurs.

Plusieurs pays ont fait des promesses financières pour la reconstruction de Gaza totalisant 7 milliards de dollars. Il s’agit des pays arabes du Golfe (Emirats Arabes Unis, Qatar, Arabie Saoudite, Koweït) du Maroc, du Kazakhstan, et de l’Azerbaïdjan. Les Etats-Unis ont annoncé un engagement bilatéral supplémentaire de 10 milliards de dollars. Outre les engagements financiers, plusieurs pays ont offert leur contribution pour d’autres actions concrètes. Ainsi le Maroc s’est engagé à former les policiers gazaouis, à envoyer des militaires au sein de la future force internationale de stabilisation, à mettre en place un hôpital militaire de campagne, et à soutenir des programmes de déradicalisation. L’Indonésie de son côté s’est engagé à fournir 8.000 soldats à la force internationale de stabilisation, en assumant le commandement adjoint de cette force.

L’Egypte et la Jordanie se sont engagés à participer à la formation des forces de police palestiniennes, et de soutenir la logistique étant donné leur proximité géographique avec la bande de Gaza. Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont rejoint l’initiative, et veulent jouer un rôle diplomatique constructif en vue de soutenir les efforts de stabilisation à Gaza. Le Pakistan a également réaffirmé son soutien à l’initiative américaine en vue de mettre en œuvre un plan de paix pour Gaza. L’Inde a participé comme observateur sans s’engager formellement comme membre du Conseil de la paix. Quant à Israël, son représentant a surtout insisté sur la sécurité et la démilitarisation de Gaza avant toute reconstruction durable. Quant à l’Europe, l’Albanie, la Hongrie et le Kosovo ont envoyé des représentants au Conseil de la paix ainsi que l’Union européenne. Cependant les principales puissances européennes (Allemagne, France, Royaume-Uni) ont refusé de joindre le Conseil de la paix, en exprimant des réserves sur la légitimité de ce Conseil du fait de son impact sur l’ONU et la cohérence vis-à-vis du droit international.

Outre les financements et les contributions en troupes, certains pays ont proposé des initiatives infrastructurelles et sociales. C’est aussi que Bahreïn s’est engagé à développer une plateforme numérique de services gouvernementaux pour Gaza. La Roumanie a proposé d’aider à reconstruire des services d’urgence et institutions judiciaires. Quant à l’Ouzbékistan, il a proposé son aide pour la reconstruction des écoles, garderies et hôpitaux.

Le Conseil de la paix a établi un calendrier prévisionnel du déploiement de la force internationale de stabilisation. La phase 1 de Février et Avril 2026 consistera à mettre en place le quartier général provisoire à Washington avec une base régionale, et à définir les règles d’engagement. Cette première phase nécessitera une coordination politique avec Israël, l’Autorité palestinienne et l’Egypte. La phase 2 de Mai à Juillet 2026 verra l’arrivée des premières unités d’ingénierie et médicales, la sécurisation des zones pilotes, le déploiement de l’hôpital de campagne marocain, et le début de formation accélérée des policiers palestiniens.

La phase 3 du mois d’Août à Décembre 2026 consistera en l’extension du contrôle sécuritaire à plusieurs secteurs urbains, et à protéger les chantiers de reconstruction. Elle verra le déploiement complet des unités militaires promises (15.000 à 20.000 soldats) et la formation de 8.000 à 12.000 policiers. La phase 4 de stabilisation durable (2027-2028) consistera au transfert progressif des responsabilités aux forces palestiniennes formées, à la réduction progressive du contingent international, et au passage d’une mission sécuritaire à une mission d’appui institutionnel.

On ne peut que se féliciter des résultats de ce premier Conseil de la paix. C’est la première fois qu’un plan sérieux et programmé dans le temps est établi pour la reconstruction du Gaza. Pour sa réalisation effective, il faut que tous les engagements pris par les participants soient scrupuleusement respectés, notamment au niveau du financement et de la constitution de la force internationale de stabilisation. Il faut faire pression sur Israël qui risque de bloquer ou de retarder l’exécution du plan, en exigeant au préalable la démilitarisation de la bande de Gaza. Il faut l’obliger aussi à retirer son armée de la bande de Gaza pour permettre l’installation de la force internationale de stabilisation.

Source de l’article : EcoActu.ma

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