pourquoi c’est important

Ne les cherchez pas dans le ciel, les trois nouvelles cigognes suivies de près par les équipes du Parc national de forêts, se sont envolées loin du territoire pour passer l’hiver en Afrique. « Un premier individu, connu puisque bagué au nid en 2021 passe actuellement l’hiver au Maroc » , fait savoir le Parc national dans un communiqué. « Il s’agit d’un descendant de Divona (cigogne noire suivie depuis 2010, victime d’une prédation en 2024, en migration vers l’Afrique). Il a essayé de se reproduire en 2025, sans succès (fréquent lors des premières tentatives). » Hivernage au Maroc et au Sénégal « Les deux autres cigognes noires qui ont été équipées étaient en revanche inconnues des équipes et ne portaient aucune bague. Toutes deux adultes matures puisqu’au moins âgées de deux ans, les premières données ne permettent pas de dire s’il s’agit d’individus inféodés au territoire du Parc national » , ajoute le communiqué. « Le suivi des déplacements grâce à leurs balises nous dira au printemps prochain si elles reviennent sur le territoire du Parc national, voire si elles y nichent. L’une a installé ses quartiers d’hiver au Maroc, l’autre au Sénégal. » Une espèce soumise à de nombreux dangers

Cette opération de baguage qui a concerné ces trois cigognes noires en 2025 a été menée par des agents de l’Office national des forêts (ONF) en mission pour le compte du Parc national de forêts. « La pose de balise GPS permet non seulement le suivi de l’espèce, mais aussi l’amélioration des connaissances biologiques de la cigogne noire, très sensible et soumise à de multiples dangers (collisions, braconnage, dérangement…) » , indique l’établissement public. « Ce type de suivi est donc d’une grande utilité dans le cadre des missions de préservation de l’espèce. » Un travail conjoint par l’ONF mais également la Ligue de protection des oiseaux (LPO), l’association Nature Nièvre et la coordination nationale cigogne noire LPO-ONF.

Mieux connaître pour mieux protéger

Grâce à ces nouvelles données, le Parc national va pouvoir mettre en place des actions de préservation. « Comme la mise en quiétude de la zone d’un nid (aucune exploitation forestière dans cette zone) ; la mise en défense des cours d’eau dans les zones d’alimentation (action au niveau des berges pour éviter le piétinement par les bovins, éviter les fils barbelés…) » , précise Sébastien Murcia, responsable communication au Parc national.

Les informations collectées permettent également au Parc d’agir « dans les zones avec un risque d’électrocution en menant des travaux de sécurisation en lien avec Enedis à proximité des lieux sensibles, par exemple : la mise en place de dispositifs d’effarouchement et/ou de sécurisation des câbles » , poursuit le responsable communication. « Mais aussi de protéger et défendre des couloirs de vols et des domaines vitaux (zones d’alimentation – nidification – déplacement) pour éviter les risques de collision liés à l’activité humaine. » Le retour des trois cigognes est attendu au printemps et permettra de mieux cibler les actions de conservation.

Source de l’article : Le Bien Public