Pour ou contre le touriste payeur ?

Une rubrique qui permet à notre chroniqueur de regarder par-dessus son épaule

Si vous allez à Paris prochainement, préparez-vous à payer plus cher pour entrer au Louvre. Depuis le 14 janvier, les visiteurs qui n’appartiennent pas à l’Espace économique européen doivent payer 45 % de plus pour visiter le prestigieux musée. Pour eux, le prix des billets est passé de 36 $ à 52 $ CAN.

Le Louvre espère ainsi aller chercher de 24 à 32 millions de dollars supplémentaires par année pour réaliser des travaux de rénovation et développer de nouveaux projets. Je précise que 77 % des visiteurs du Louvre ne viennent pas d’Europe.

Les Français financent déjà le musée grâce à leurs impôts. Il serait difficile de leur demander d’en faire davantage après une flambée des prix qui a eu lieu en janvier 2024 pour l’ensemble des visiteurs.

Cette décision divise tout le monde. Dans un contexte de surtourisme, plusieurs pensent qu’il est normal que des mesures semblables soient prises pour contrôler le flux. Mais d’autres croient que ces augmentations de tarifs empêchent les visiteurs moins fortunés d’avoir accès à la culture.

Quoi qu’il en soit, il faudra s’habituer à ce concept qui fait déjà des petits ailleurs dans le monde. Et chez nous, une telle mesure serait-elle envisageable ? Sans rien enlever à nos institutions, elles n’ont pas l’envergure du British Museum, du Met ou du Louvre. Il serait mal venu d’exiger une plus grande participation aux visiteurs étrangers que l’on souhaite toujours plus nombreux.

Lady Violette

J’ai vu le très réussi Macbeth de Robert Lepage au TNM. Sans aucune surprise, Violette Chauveau brille de mille feux, cette fois dans le rôle de Lady Macbeth. Cette actrice est rare. Et à part. Quel plaisir ce doit être pour un metteur en scène de travailler avec elle.

Time France

Le magazine Time a maintenant sa version française. À la différence de l’édition originale américaine, il s’agit d’un format trimestriel. Le premier numéro, où apparaît Angelina Jolie, contient 184 pages. Une brique !

J’ai plongé dans la lecture des reportages et des chroniques, et je dois dire que l’amateur d’actualités en moi n’a pas été déçu. Le trafic des œuvres d’art volées, la réalité des ultrariches, le rôle des pilotes de drones dans la guerre du Donbass, les 80 ans du procès de Nuremberg, le pari philosophique de l’IA… Les sujets sont fouillés et bien écrits. On sent qu’on a mis le paquet.

Réussira-t-on à maintenir ce standard ? On verra bien.

Jean-Philippe Cipriani

Si j’étais à la direction de Radio-Canada, je n’hésiterais pas à confier une émission à Jean-Philippe Cipriani. Le collaborateur assidu de Tout peut arriver a une forte présence et une vaste culture. Il a des canines aiguisées, mais ne se prend pas au sérieux. Je le verrais bien à la barre d’un rendez-vous où il serait entouré d’esprits critiques comme lui.

Louis Garneau entre à l’église

L’ancien sportif et homme d’affaires Louis Garneau a lu ma chronique sur le sort de notre patrimoine religieux. Il s’est empressé de me parler de son projet de transformation de l’église de Sainte-Christine-d’Auvergne, une petite municipalité de 620 âmes située dans la région de Portneuf.

Lisez la chronique « Quel sort pour notre patrimoine religieux ? » Grâce à lui, le bâtiment en bois, construit vers 1894, coiffera plusieurs chapeaux. Il sera un musée du vélo (Louis Garneau possède une collection de 300 vélos anciens), un café pour les cyclistes, une galerie d’art et un espace pour les artisans.

L’église de 560 m2 a d’abord été vendue en septembre 2025 pour 40 000 $ à deux jeunes entrepreneurs qui avaient en tête d’y faire « de l’événementiel » . Mais, ô surprise, quelques semaines plus tard, le bâtiment était en vente… sur Marketplace. Louis Garneau l’a racheté moyennant 150 000 $.

L’homme d’affaires a rapidement fait bouger les choses. L’Espace Louis-Garneau devrait ouvrir ses portes en mai prochain.

Consultez le site de l’Espace Louis-Garneau

Félix en robe de chambre

Je n’avais pas lu La voix de mon père, le magnifique portrait, paru en 2016, que Nathalie Leclerc consacre à son père, le grand Félix. C’est fait. Outre la beauté de la langue (la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre), il y a des anecdotes savoureuses qui nous font découvrir l’intimité de cet homme si protecteur de sa vie privée.

On apprend notamment que Félix Leclerc avait l’habitude d’aller chercher son journal tous les matins dans la boîte aux lettres située à une trentaine de mètres de la maison. Sa femme Gaétane lui a souvent demandé de s’habiller avant de faire cela. « Ben non, tout le monde dort à c’t’heure-là » , répondait inlassablement le poète.

Dans les jours qui ont suivi sa mort, le 8 août 1988, des journalistes ont voulu obtenir les témoignages des voisins. Certains ont alors répondu : « Félix ? C’était un bon voisin. J’le voyais à tous les matins en robe de chambre aller chercher son journal. »

Source de l’article : lapresse.ca