Potato Day : Siham Zahidi met en avant le rôle stratégique de la filière pomme de terre au Maroc
Produit de base de l’alimentation marocaine, la pomme de terre occupe aujourd’hui une place centrale dans les équilibres agricoles, économiques et sociaux du Royaume. Avec une consommation annuelle avoisinant les 2 millions de tonnes, elle s’impose comme le premier légume consommé au Maroc, devant la tomate et l’oignon.
Si la production nationale permet globalement d’assurer l’autosuffisance du marché intérieur, la filière fait face à des défis techniques, sanitaires et organisationnels majeurs, dans un contexte marqué par la pression sur les coûts de production, le retrait de certaines matières actives phytosanitaires et le déficit d’infrastructures de conservation.
Pour AgriMaroc.ma, Siham Zahidi dresse un état des lieux précis de la filière pomme de terre, revient sur les avancées réalisées, les fragilités persistantes et explique pourquoi la structuration de la filière et la diffusion des bonnes pratiques sont aujourd’hui indispensables pour sécuriser durablement cette production stratégique pour l’agriculture marocaine.
AgriMaroc : Pouvez-vous dresser un état des lieux de la filière pomme de terre au Maroc ?
Siham Zahidi : La filière pomme de terre au Maroc est devenue d’une importance capitale pour le marché intérieur. Ce dernier consomme aux alentours de 2 millions de tonnes par an de pomme de terre. C’est le premier légume consommé, devant la tomate et l’oignon. C’est un produit sensible et de première nécessité pour les ménages marocains, en particulier ceux à faible revenu.
La production au niveau des grandes zones productrices de pomme de terre assure l’autosuffisance du Maroc en ce produit, bien que l’industrie des chips et des frites recoure à l’importation, en raison de la faible disponibilité de variétés adaptées à l’industrie et du coût bas du produit importé. Le tonnage importé reste toutefois relativement limité.
Le Maroc exporte (…) entre 40 000 et 60 000 tonnes
L’importation concerne également la semence et permet d’introduire des variétés performantes, nécessaires à l’obtention de bons rendements.
Le Maroc exporte, bon an mal an, entre 40 000 et 60 000 tonnes, en grande majorité vers le marché subsaharien.
En matière de techniques culturales, de grands progrès ont été réalisés, notamment en irrigation et en fertilisation, grâce à la généralisation de l’irrigation localisée et de la fertigation.
Les points faibles au niveau des pratiques culturales restent la faible mécanisation et la maîtrise insuffisante de la lutte contre les maladies, dont le mildiou, principale pathologie causant de graves dégâts en périodes humides.
Le secteur souffre également du manque d’infrastructures de conservation, indispensables pour stocker les surplus et réguler l’approvisionnement des marchés, mais aussi nécessaires au stockage de la semence durant la période estivale.
C’est un secteur qui nécessite davantage d’encadrement des producteurs et de leurs associations.
Au regard de l’importance de la pomme de terre pour le consommateur marocain, du chiffre d’affaires généré pour le producteur et des emplois créés à l’échelle de la filière, la production de la pomme de terre constitue un secteur clé pour l’autosuffisance alimentaire du pays.
AgriMaroc : Pourquoi l’organisation d’un événement dédié comme le Potato Day est-elle stratégique à ce stade de développement de la filière ?
diffuser les bonnes pratiques agricoles et de favoriser l’alignement
Siham Zahidi : Un événement dédié comme le Potato Day est stratégique à ce stade, car il permet de diffuser les bonnes pratiques agricoles et de favoriser l’alignement entre les différents acteurs de la filière : producteurs, fournisseurs d’intrants, chercheurs, transformateurs et acheteurs. Il contribue également à structurer la filière et à construire une identité commune et visible.
AgriMaroc : Où en est la structuration de la filière pomme de terre au Maroc aujourd’hui ?
Siham Zahidi : La structuration de la filière est une nécessité pour améliorer la technicité des producteurs, renforcer la mise en marché à travers des infrastructures de stockage et améliorer la transparence commerciale.
Tout cela est en phase de réalisation grâce au Plan Maroc Vert, mais la dispersion de la production à l’échelle nationale rend sa mise en œuvre difficile.
AgriMaroc : Le mildiou demeure l’un des risques sanitaires majeurs. Comment les producteurs doivent-ils aujourd’hui aborder sa gestion ?
Siham Zahidi : Pour parvenir à contrôler le mildiou, surtout à l’heure actuelle où de nombreuses matières actives efficaces ont été retirées du marché, l’unique moyen reste la mise en place d’une stratégie basée sur la prévention. Un réseau de stations d’avertissement, réparties dans chaque zone de production et dotées de moyens permettant d’anticiper les risques de développement du champignon, constitue le système le plus à même d’aider à lutter contre ce fléau.
Source de l’article : AgriMaroc



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