Pluies exceptionnelles au Maroc : après la sécheresse, le risque de trop

Depuis le début de la saison hydrique, la pluviométrie a pris une tournure exceptionnelle au Maroc, ravivant le débat sur la question : « Est-ce qu’il pleut trop cette année ? » À Rabat, les relevés indiquent déjà environ 460 mm de pluie depuis début novembre, un niveau proche de la pluviométrie annuelle habituelle de la capitale et largement supérieur à ce que la ville enregistre en une saison sèche classique. Dans plusieurs régions, comme Rabat-Salé-Kénitra, les cumuls dépassent les normes saisonnières de plus de 300 %, créant une situation météorologique très contrastée.

Sur le plan hydrique global, ces fortes précipitations ont un impact visible : les réseaux de barrages affichent des niveaux de remplissage substantiellement plus élevés qu’à la même période l’an dernier, certains réservoirs étant quasiment pleins, ce qui a conduit les autorités à considérer que le Maroc est sorti d’une sécheresse de sept ans grâce aux pluies et à l’enneigement exceptionnel observé sur les massifs montagneux.

Pour le secteur agricole, cette pluviométrie intense est à la fois une bénédiction et un défi. Après des années de déficit hydrique qui avaient vidé les barrages et abaissé les nappes phréatiques, la pluie permet de reconstituer des ressources essentielles pour l’irrigation des cultures et l’alimentation en eau potable. Cependant, l’abondance des précipitations sur des sols saturés, notamment dans les zones argileuses du Gharb et du Tangérois, a déjà provoqué inondations de parcelles agricoles, compromettant la viabilité de certaines cultures. Sur le terrain, des agriculteurs signalent des sols qui ne peuvent plus absorber l’eau, un phénomène rare mais significatif.

Cette humidité excessive favorise également le développement de maladies fongiques sur des cultures clés comme les agrumes, les oliviers ou les céréales, augmentant les risques phytosanitaires au moment où les agriculteurs doivent prendre des décisions critiques pour la suite de la campagne. Les prévisions météorologiques évoquent encore des cumuls pluvieux importants cette semaine, avec des risques accrus d’amplification des désordres déjà observés.

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Sur le plan climatique, ces événements s’inscrivent dans une dynamique plus large d’anomalies météorologiques accentuées par le changement climatique, où alternent épisodes de sécheresse prolongée et pluies intenses concentrées sur de courtes périodes, compliquant la gestion de l’eau et la planification agronomique.

Dans ce contexte contrasté, l’enjeu pour l’agriculture marocaine devient double : tirer parti de cette recharge hydrique bienvenue tout en minimisant les impacts négatifs d’une pluie qui, parfois, semble trop abondante pour être pleinement bénéfique.

Source de l’article : AgriMaroc.ma