Pêche continentale : l’ANEF enclenche une nouvelle phase de projets
Crédit : ANEF
Réuni le 5 février à Rabat, le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture continentales a tenu sa réunion annuelle sous la présidence du directeur général de Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), actant le lancement d’une nouvelle génération de projets structurants inscrits dans la trajectoire du Nouveau modèle de développement du secteur à l’horizon 2030.
Institué en mars 2024 par décret, ce Conseil consultatif réunit l’ensemble des parties prenantes publiques et professionnelles d’un secteur longtemps resté en marge des politiques halieutiques, historiquement tournées vers le littoral. Sa mission : orienter et accompagner les politiques publiques dédiées à la valorisation durable des ressources aquatiques continentales, dans un contexte de stress hydrique croissant et de fragilisation des écosystèmes.
Les travaux ont porté sur trois axes majeurs : le bilan de la saison 2025-2026, la présentation du programme d’action pour 2026 et l’examen de plusieurs projets de textes réglementaires encadrant l’aquaculture continentale. L’ensemble s’inscrit dans une logique de territorialisation accrue des projets, avec un accent mis sur l’emploi local, l’entrepreneuriat de proximité et la préservation des milieux aquatiques.
Parmi les annonces phares figure la création de trois centres intégrés d’aquaculture continentale, baptisés « Aqua pôles » . Le premier sera implanté dans la région d’El Haouz et dédié aux espèces d’eau froide. Il vise notamment à renforcer les programmes de repeuplement piscicole du Parc national du Toubkal, avec un double objectif de conservation de la biodiversité et de développement de l’écotourisme halieutique. Les deux autres centres verront le jour dans les régions de l’Oriental et de Drâa-Tafilalet, avec un positionnement assumé sur l’aquaculture en zones arides et désertiques, à travers la valorisation durable des bassins d’irrigation.
Pensés comme des pôles territoriaux intégrés, ces centres ne se limiteront pas à la production. Ils intégreront également des volets de formation, de transfert de savoir-faire et d’accompagnement entrepreneurial, afin de favoriser l’émergence de micro et petites entreprises aquacoles économiquement viables, en particulier au profit des jeunes et des populations rurales.
En parallèle, l’ANEF prévoit de renforcer l’appui direct aux coopératives de pêcheurs continentaux, à travers l’amélioration des moyens de production et l’aménagement de points de débarquement modernes. Ces infrastructures doivent permettre le conditionnement et la valorisation des captures, avec pour objectif affiché d’augmenter durablement les revenus des communautés locales.
Sur le plan opérationnel, le bilan de la saison 2025-2026 fait état de la production de plus de 26,7 millions d’alevins, principalement des cyprinidés. Ces derniers ont été utilisés pour le repeuplement de 12 cours d’eau, neuf lacs naturels et 28 retenues de barrages à travers le Royaume, contribuant au renforcement du potentiel piscicole national et au soutien d’activités socio-économiques locales souvent fragiles.
Enfin, la réunion a été l’occasion d’examiner trois projets d’arrêtés encadrant l’organisation de l’aquaculture continentale, portant notamment sur les modalités d’autorisation des unités, la publication des listes d’exploitations autorisées et la tenue d’un registre national des opérations aquacoles. Les périodes d’ouverture de la saison de pêche 2026-2027 ont également été arrêtées, avec une ouverture du 8 mars au 25 octobre pour les salmonidés et du 9 mai 2026 au 14 février 2027 pour les autres espèces, dans le respect des cycles biologiques.
Source de l’article : Le Desk



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