Ouenza, du rap au petit et au grand écran… et vice versa [Portrait]

Après son enfance à Casablanca, Abdelazize Ouenza a pris son envol en 2013, pour continuer des études en ingénierie informatique en France. Il y décroche son master et reste presque dix ans. Durant ces années, il excelle dans une carrière de chef de projet digital dans le secteur bancaire et les médias. En 2022, il se réinstalle au Maroc, là où tout a commencé et où l’histoire du rappeur à succès continue de s’écrire.

En effet, Ouenza confie à Yabiladi que le rap ne l’a jamais quitté. Son retour aux sources aura fait rejaillir un talent qui ne demandait qu’à briller. Malgré les défis du secteur de l’industrie musicale dans le pays, il réussit à se faire un nom et à s’exporter. «Je n’ai jamais ressenti de difficulté à revenir, après tant d’années en France», nous a-t-il affirmé.

Des influences éclectiques

Encore jeune à Hay Mohammadi ou à la Grande ceinture, Ouenza écoute le rap et chante en autodidacte. «La première fois que j’ai voulu écrire, c’est le rap que j’ai mis sur papier, même si je pouvais m’essayer à d’autres styles», nous a déclaré l’artiste, féru à ce moment-là du «duo de choc» Jay-Z et Kanye West. Naviguant aussi entre le R&B et la pop avec Chris Brown, Ne-Yo et Usher, il s’imprègne de tout ce qu’il écoute, y compris le rock.

Ces influences éclectiques l’auront habitué à ne pas se mettre de barrières artistiques. C’est ce qui fait désormais la particularité du rappeur, connu pour son registre musical qui exprime aussi bien la critique sociale que l’injustice, dans une forme de récit qui en fait un style unique. Avant de s’investir entièrement dans la création, il a déjà pris ses marques avec des sorties à succès, dont «Ouenza X3» en 2018, les singles/EPs «OK Wait» et «A7lam» (2021). En 2023, «Alam» et «La tête» marque un tournant et deux ans plus tard, il revient avec «1ER RÔLE» (2025).

Explorant ses atouts artistiques multiples, Abdelazize Ouenza compte par ailleurs plusieurs rôles dans les séries télévisées et les téléfilms. Il franchit aussi le pas de l’interprétation au cinéma, au fil des rencontres, des recommandations et des propositions. Reconnaissant à ce que le rap lui a apporté, il nous dit avoir été repéré pendant une tournée musicale avec l’ancien binôme Shayfeen.

«Nous étions à ce moment-là en Belgique. Le réalisateur Zakaria Nouri allait tourner un clip pour la formation et nous nous sommes rencontrés», nous dit-il. Plus tard, le cinéaste propose au rappeur un court-métrage, qui sera un clip pour lui.

Au devant de la scène et devant la caméra

Sur les lieux du tournage, Ouenza rencontre l’actrice Salwa Zarhane, qui lui propose à son tour une production avec le réalisateur Alaa Akaâboun, connu pour ses séries dramatiques. Le cinéaste, qui veille lui-même sur le casting, n’aura eu aucun doute sur son choix pour le rappeur.

Depuis, Ouenza s’est fait connaître notamment dans «Lmektoub 2», «2 Wjouh», ou encore «Rihlat Al Omr». En hors-champ, il participe à des productions télévisées en interprétant la bande originale, comme dans «Jorh Qdim». S’ensuivent des collaborations dans le cadre de téléfilms, au fil desquels il commence à maîtriser les ficelles du métier.

De la scène musicale au petit écran, l’interprétation aura été un tremplin pour Ouenza, qui a décroché son rôle cinématographique dans le film «Il Nibbio» (2025), du réalisateur italien Alessandro Tonda. Le long-métrage relate l’histoire de Nicola Calipari, agent de services secrets. Il risque sa vie pour sauver un journaliste kidnappé par une cellule terroriste, mais il est tué en protégeant le journaliste. Grâce à son évolution dans le jeu d’acteur, le rappeur y est également repéré pour de prochains projets, en cours de négociation.

Entre le rap et le cinéma, il n’y a qu’un pas

Aujourd’hui, Ouenza estime que la musique et le cinéma font un bon tandem, qui l’a mené notamment à prendre part au 22e Festival international du film de Marrakech (FIFM 2025). «Je ne suis ni le premier, ni le dernier, mais je suis toujours ravi et reconnaissant pour les propositions que je reçois de nos réalisateurs marocains et ceux à l’étranger», nous a-t-il confié. Cherchant à donner le meilleur de lui-même, il prend des cours de chant et de jeu d’acteur, afin d’améliorer à la fois ses prestations devant la caméra, dans le studio d’enregistrement et sur scène.

En aiguisant son talent, Ouenza ambitionne d’impacter positivement la création marocaine, en développant une interprétation rigoureuse qui ne tient plus de la construction d’un personnage que de l’improvisation.

«Je tiens à remercier le cinéma marocain, qui reste mon plus grand coup de cœur et qui m’a mis sous les projecteurs, dès le premier jour. J’ai grandi avec les productions nationales et elles ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui», dit-t-il.

Source de l’article : Yabiladi.com