Où partir en 2026 : les meilleures destinations voyage selon les experts mondiaux
Lonely Planet, National Geographic, Condé Nast Traveler, Travel + Leisure ou encore Fodor’s ont publié leurs classements pour 2026. Plus de 150 destinations passées au crible, des tendances qui se recoupent, et quelques surprises. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le tourisme intentionnel : voyager autrement
Après la frénésie du « revenge travel » post-pandémie, le soufflé retombe. Les experts observent un glissement vers ce qu’ils appellent le « tourisme intentionnel » : moins de destinations cochées à la va-vite, plus de temps passé sur place, et une vraie réflexion sur l’impact du voyage.
Concrètement, ça donne trois mouvements. D’abord, la fuite des capitales saturées vers des villes secondaires. Ensuite, un intérêt croissant pour le tourisme géré par les communautés locales, notamment autochtones. Enfin — et c’est nouveau — le climat qui pousse les voyageurs vers le nord en été. On y reviendra.
L’Europe : la carte se redessine
Paris, Londres, Rome : toujours là, mais de moins en moins présentes dans les recommandations. Les experts pointent ailleurs.
Milan et les Dolomites pour les JO d’hiver
En février-mars 2026, les Jeux olympiques d’hiver se tiendront entre Milan et Cortina d’Ampezzo. National Geographic et Travel + Leisure placent la région parmi leurs priorités. Au-delà du ski (le domaine Dolomiti Superski compte 1 200 km de pistes interconnectées), c’est la culture ladine qui mérite le détour : une minorité linguistique de 30 000 locuteurs, une gastronomie alpine soignée, des villages préservés. Milan jouera son rôle de hub mode et design. Comptez 250 à 500 € la nuit en vallée pendant les Jeux, moitié moins avant et après.
Bruxelles, Hambourg, Oulu : le trio nordique
Bruxelles vit un moment. L’ouverture du Kanal-Centre Pompidou, installé dans un ancien garage Citroën années 30, pourrait faire pour la ville ce que le Guggenheim a fait pour Bilbao. C’est Condé Nast Traveler qui le dit — on verra si la prophétie se réalise. En attendant, Bruxelles reste accessible (1h20 de Paris en Thalys, 80 € l’aller-retour si vous réservez tôt) et sous-cotée par rapport à Amsterdam ou Berlin.
Hambourg monte aussi. L’Elbphilharmonie a changé la donne : cette salle de concert posée sur un entrepôt du port est devenue un symbole. Le quartier Speicherstadt (les anciens entrepôts en brique, classés UNESCO) vaut la balade. Seul bémol : le climat. En hiver, c’est rude. Privilégiez mai-septembre.
Oulu, en Finlande, sera Capitale européenne de la culture 2026. Peu de gens savent placer cette ville sur une carte — c’est au bord du golfe de Botnie, à 600 km au nord d’Helsinki. Programmation artistique toute l’année, accès facile à la nature arctique, aurores boréales en hiver. Un pari pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus.
Cadix et le Pays basque : l’Espagne hors des radars
Cadix, c’est l’anti-Barcelone. Probablement une des plus vieilles villes d’Occident, coincée sur une presqu’île au sud de l’Andalousie. Plages urbaines, bars à tapas sans touristes, culture du sherry. Lonely Planet la recommande comme alternative à Séville. Comptez 3 h de train depuis Madrid, 60 € environ.
Le Pays basque espagnol bénéficie d’un alignement rare : le 12 août 2026, une éclipse solaire totale traversera la région. San Sebastián et Bilbao seront aux premières loges. Ajoutez à ça les pintxos, le Guggenheim, la côte — National Geographic en fait l’une de ses destinations de l’année. Attention : les prix grimpent déjà pour la semaine de l’éclipse.
Les Amériques : le Brésil en tête, le Pérou qui confirme
Le Brésil, destination de l’année selon Travel + Leisure
Le choix peut surprendre : le Brésil n’est pas une destination « nouvelle » . Mais Travel + Leisure le place en tête pour 2026, et les arguments tiennent. Le taux de change est favorable (le real a perdu 20 % face à l’euro en trois ans). La connectivité aérienne s’améliore. Et surtout, le pays offre une palette difficile à égaler : Rio et São Paulo pour l’urbain, Salvador de Bahia pour l’héritage afro-brésilien, le Pantanal pour la faune (jaguars, caïmans, 650 espèces d’oiseaux), l’Amazonie pour l’aventure.
Bémol : les distances. Relier Rio au Pantanal, c’est 1 500 km. Prévoyez des vols intérieurs ou beaucoup de temps.
Le Pérou, au-delà du Machu Picchu
Lonely Planet insiste : le Pérou ne se résume plus à ses ruines incas. Lima est devenue une capitale gastronomique mondiale — le restaurant Central de Virgilio Martínez, classé parmi les meilleurs du monde, revisite les ingrédients andins et amazoniens. De nouvelles liaisons ferroviaires facilitent l’accès au Machu Picchu, mais les experts encouragent surtout l’Amazonie péruvienne : programmes de science citoyenne, participation à des projets de reforestation. Du tourisme qui donne, pas seulement qui prend.
Le tourisme autochtone prend de l’ampleur
C’est peut-être la tendance la plus marquante. Au Québec, le parc Nibiischii est le premier parc national de la province géré par une Première Nation — les Cris de Mistissini. Contes au coin du feu, artisanat, survie en forêt boréale : une approche radicalement différente du parc national classique. National Geographic le place parmi ses destinations phares.
À Vancouver (ville hôte de la Coupe du monde 2026), des opérateurs proposent des visites du territoire du point de vue des peuples Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh.
Aux États-Unis, le centenaire de la Route 66 génère un regain d’intérêt. Motels vintage, diners, stations-service néon : de l’Illinois à la Californie, tout un patrimoine est restauré. Nostalgie américaine assumée.
L’Asie-Pacifique : sortir de l’axe Tokyo-Kyoto
Yamagata et Naoshima : le Japon qu’on ne voit pas
Le Japon croule sous les touristes — 35 millions attendus en 2025. Les experts conseillent de fuir Tokyo et Kyoto pour des régions moins saturées. La préfecture de Yamagata, au nord de Honshū, attire ceux qui cherchent le Japon spirituel : les Yamabushi (ascètes des montagnes), le temple Yamadera perché sur sa falaise (1 000 marches à grimper), la station de Zao Onsen et ses « monstres de neige » en hiver — ces arbres givrés aux formes fantastiques.
Naoshima reste à part : cette île de la mer intérieure de Seto, avec ses musées signés Tadao Ando et sa citrouille géante de Yayoi Kusama, attire les amateurs d’art contemporain. Petit, calme, contemplatif — le contraire de Tokyo.
Le Sri Lanka revient
Après des années difficiles (attentats de 2019, crise économique de 2022), le Sri Lanka revient dans les classements. Lonely Planet et Travel + Leisure saluent la diversité de l’île : plantations de thé dans les montagnes, plages de surf au sud, léopards dans le parc de Yala. Les prix restent bas pour la région, l’accueil est chaleureux.
Jaffna, au nord, mérite l’attention. La ville tamoule, longtemps isolée par la guerre civile, s’ouvre aux visiteurs. Architecture coloniale, temples hindous, cuisine épicée distincte du sud : un Sri Lanka méconnu, à voir avant que ça change.
Singapour pour les escales
Singapour, c’est efficace. L’aéroport de Changi (cascade intérieure, jardins suspendus) est une attraction en soi. Les hawker centers — ces centres de restauration populaires inscrits à l’UNESCO — permettent de manger remarquablement bien pour 5 €. Ville-jardin, sûre, bien desservie : une escale idéale entre l’Europe et l’Australie.
L’Afrique : moins de monde, plus de sens
Botswana, Namibie, Zimbabwe : le safari haut de gamme
Le Botswana maintient sa politique « haute valeur, faible volume » . Traduction : des tarifs élevés (400 à 1 000 € par nuit en lodge) qui limitent la fréquentation. Le delta de l’Okavango reste préservé, les safaris sont intimes. C’est cher, mais c’est cohérent.
Le nord de la Namibie (Skeleton Coast, Kaokoveld) attire ceux qui cherchent la solitude. Déserts brumeux, épaves de navires, éléphants et lions adaptés à l’aridité. Condé Nast Traveler recommande les safaris en avion léger — seul moyen d’accéder à certaines zones.
Au Zimbabwe, les chutes Victoria reprennent l’avantage sur le côté zambien grâce à de nouveaux lodges et un aéroport amélioré. Le parc de Hwange, à proximité, offre des safaris de qualité à des tarifs inférieurs au Botswana.
Le Maroc : Rabat et Fès plutôt que Marrakech
Marrakech sature. Les experts orientent vers Rabat (Capitale mondiale du livre UNESCO 2026) et Fès. Rabat pour son calme et sa modernité — le Grand Théâtre de Zaha Hadid, la Kasbah des Oudayas. Fès pour son authenticité — la médina (plus grande zone piétonne urbaine au monde), les tanneries, les artisans. Moins de touristes, plus de profondeur.
Les tendances de fond
Le « coolcation » : direction le nord
Le mot est laid, le phénomène est réel. Face aux canicules qui frappent le sud de l’Europe et les États-Unis, les voyageurs montent vers le nord en été. Le Maine ( « Vacationland » ), la Finlande, l’Écosse : autant de destinations qui gagnent des points dans les classements. Lonely Planet recommande Portland (Maine) pour sa scène culinaire et ses côtes rocheuses. Un refuge climatique, en somme.
Le tourisme régénératif
Aller plus loin que « ne pas nuire » : contribuer positivement. Aux Fidji, certains resorts intègrent la restauration corallienne dans l’expérience client. Au Kenya, l’Ol Pejeta Conservancy finance la protection des rhinocéros par le tourisme. L’idée progresse : le voyageur comme partenaire, pas comme consommateur.
La « No List » de Fodor’s : où ne pas aller
Fodor’s publie chaque année une liste des destinations à éviter. Pour 2026 : l’Antarctique (fréquentation passée de 8 000 à 125 000 visiteurs par an, impact écologique désastreux), les îles Canaries (manifestations contre le surtourisme, pénuries d’eau), Venise (toujours), le Glacier National Park (le « tourisme de la dernière chance » accélère la dégradation).
Mexico City figure aussi sur la liste — non pour sa qualité, mais pour la gentrification galopante alimentée par les nomades numériques. Les loyers explosent, les habitants sont poussés hors des quartiers centraux.
Fodor’s propose des alternatives : Placencia (Belize) plutôt qu’Ambergris Caye, Keene Valley (Adirondacks) plutôt que les parcs de l’Ouest américain.
En résumé
Sport et montagne : Dolomites et Milan (JO 2026).
Gastronomie : Pérou, Pays basque.
Faune sauvage : Botswana, Sri Lanka, Brésil (Pantanal).
Tourisme autochtone : Parc Nibiischii (Québec), Vancouver.
Fuir la chaleur : Maine, Finlande, nord de l’Europe.
Art et culture : Bruxelles (Kanal-Centre Pompidou), Oulu, Naoshima.
Source de l’article : Ouest-France



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