Otobong Nkanga, plasticienne pour l’exposition « I dreamt of you in colours »

Quand on découvre l’exposition monographique d’Otobong Nkanga au Musée d’Art Moderne, on est saisi par l’ampleur de son travail. Artiste Nigériane, installée à Anvers, elle s’est, en quelques années, imposée sur la scène mondiale, de Venise à la Documenta, de Lyon à Sharjah aux Emirats arabes unis. Mention spéciale de la Biennale de Venise en 2019, son travail a été multi récompensé et elle vient d’achever une exposition au MoMA de New York. Au cœur de son travail, Otobong Nkanga questionne nos liens à la terre, délétères ou réparateurs.

Rêver en couleurs

L’exposition monographique d’Otobong Nkanga porte un nom à la fois doux et poétique, I dreamt of you in colors, J’ai rêvé de toi en couleurs, une phrase qu’elle doit à sa mère : « je me souviens, quand j’étais plus jeune et que je pensais à ce que je voulais faire dans le futur, j’avais peur d’être artiste, je ne voyais pas le futur. Ma mère m’a dit : ‘j’ai rêvé de toi en couleurs quand je t’ai portée’ » . Alors, l’artiste dédie aujourd’hui cette exposition à sa mère : « la première fois que j’ai vraiment réalisé l’importance de l’art, c’est en venant à Paris avec ma mère, nous avons vu des expos, nous sommes allées au Louvre et j’ai compris. Revenir à Paris faire cette exposition au Musée d’Art moderne, c’est ma mère qui m’a donné cette opportunité, c’était important de revenir et parler d’elle » Otobong Nkanga grandit au Nigeria avec sa mère, ses frères et ses sœurs, et son enfance continue d’influencé son travail : « ça influe sur la manière dont je vois les choses parfois. Par exemple, un travail que j’ai fait avec le mica, c’est un matériau que je voyais sur le chemin pour aller à l’école, ça brillait. Puis, quand je suis allée au Maroc, j’ai revue ce mica, et il y a eu un déclic, je me suis demandée ce qu’était ce matériau, ce qu’il voulait dire et ça a mené à tout ce travail autour des minéraux que l’on voit dans l’exposition » .

La Terre est corps

Le lien à la terre, sensible, irrigue le travail d’Otobong Nkanga, qu’elle soit entre le Nigeria, la France et la Belgique où elle vit désormais, « on a toujours cette relation à la terre. Au Nigeria, on a ouvert une ferme où on pense comment régénérer la terre, produire les choses sans fertilisants, sans produits chimiques, on pense à la communauté, à la manière de transmettre ce savoir-faire, c’est quelque chose qui me tient à cœur, c’est dans ma pensée au quotidien » .

Cette ferme est née de la terre du village de son père, « c’est une manière de donner une autre vie. Là où se situe la ferme, c’est un endroit tropical, c’est vert, c’est très riche, mais c’est une manière de donner plusieurs vies à un endroit où il y a plein de vie. On observer une faille entre l’ancienne génération et la nouvelle sur la manière de transmettre le savoir-faire. Alors, on se demande comment travailler avec les matériaux, les herbes, comment trouver une économie, une manière d’inventer, de comprendre ce que l’on a autour de nous et fair en sorte de repenser le futur » .

Plus d’infos & d’actualités :

La rétrospective I dreamt of you in colors (J’ai rêvé de toi en couleurs) d’Otobong Nkanga est à voir au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 22 février 2026

Jeudi 15 janvier à 19h, rencontre avec Otobong Nkanga au Musée d’Art Moderne de Paris

Jusqu’au 12 février est présentée à la Galerie In Situ à Romainville l’exposition Togethering d’Otobong Nkanga qui y présente quelques œuvres récentes et plus anciennes

Extraits sonores :

Source de l’article : Radio France