Oriental : la Direction provinciale de l’Agriculture accélère le déploiement du semis direct sur 3.000 hectares
À Oujda, la Direction provinciale de l’Agriculture poursuit le déploiement du semis direct comme levier central d’adaptation de l’agriculture locale aux effets du changement climatique, en droite ligne avec les orientations de la stratégie « Génération Green 2020-2030 » . Face à la variabilité croissante des précipitations observée ces dernières années dans la région de l’Oriental, cette technique s’impose progressivement comme une réponse opérationnelle aux contraintes hydriques et économiques rencontrées par les agriculteurs céréaliers.
Le semis direct repose sur l’implantation des cultures sans labour, à l’aide de semoirs spécifiques permettant de préserver la structure du sol et d’assurer une productivité durable. Dans ce cadre, la Direction provinciale a renforcé son parc matériel en mettant en service, au titre de la campagne agricole en cours, trois nouveaux semoirs. Leur intégration porte à douze le nombre total d’équipements disponibles, répartis entre douze coopératives de services agricoles de jeunes, implantées dans différentes communes relevant de la province d’Oujda. L’objectif affiché est de couvrir une superficie de 3.000 hectares de céréales.
Pour Mohamed Lafdili, directeur provincial de l’Agriculture à Oujda, le semis direct constitue l’un des piliers stratégiques de « Génération Green » en matière de résilience climatique. Dans une déclaration à la MAP, il a souligné que cette technique permet de réduire significativement les coûts liés au carburant et aux intrants, tout en contribuant à la baisse des émissions de dioxyde de carbone. Elle favorise également la préservation de la fertilité des sols et des réserves hydriques, notamment grâce à la limitation de l’évaporation et à la protection contre l’érosion.
Au-delà de l’appui matériel, les services du ministère de l’Agriculture à Oujda ont engagé un ensemble de mesures d’accompagnement, incluant la distribution de quantités importantes de semences sélectionnées ainsi que le renforcement des actions de sensibilisation et de formation. Ces interventions sont encadrées par des experts de l’Office national du conseil agricole et de l’Institut national de la recherche agronomique, dans une logique de transfert de compétences et d’appropriation technique par les agriculteurs.
Selon Yousra Hsaïni, conseillère agricole au centre de Tafoughalt, la Direction régionale du conseil agricole de l’Oriental met en œuvre un programme de terrain structuré, destiné à appuyer les coopératives de services et les exploitants à travers des formations ciblées et des journées de sensibilisation. L’objectif est d’améliorer la productivité tout en assurant la durabilité des systèmes de production.
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Sur le plan technique, Abdelmajid Bechari, chef du service Recherche et Développement au Centre de recherche agricole d’Oujda, rappelle que le semis direct s’inscrit pleinement dans les principes de l’agriculture de conservation. Il insiste notamment sur l’importance du réglage précis des semoirs, en préconisant une dose de semence d’un quintal par hectare et une profondeur de semis avoisinant cinq centimètres, afin de garantir une germination optimale. Il met également en avant les retombées économiques liées à la réduction de la consommation de carburant et à la baisse des coûts de main-d’œuvre.
Portés par les récentes précipitations enregistrées dans la région, les services agricoles tablent sur une extension des superficies emblavées, avec l’ambition de dépasser les objectifs fixés pour la campagne en cours. Cette dynamique s’inscrit dans une vision à long terme visant l’atteinte de 50.000 hectares cultivés en semis direct à l’horizon 2030 dans l’Oriental, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité alimentaire locale.
Source de l’article : AgriMaroc.ma



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