« On est passé du fast-food à l’étoilé »

HUMOURS D’HIVERS. Malik Bentalha présentera aux Fuseaux, samedi 24 janvier, son spectacle « Nouveau monde » . L’humoriste se confie sur ce one-man-show qui fait « pleurer, rire et pleurer de rire » .

jhm quotidien : On vous sait amateur de football. Un mot sur le dénouement de la Coupe d’Afrique des nations ?

Malik Bentalha : C’était fou… mais c’était une très belle compétition. Le Sénégal a mérité sa victoire. Je vous annonce tout de même que le Maroc remportera la prochaine Coupe du monde. Et les deux suivantes seront pour la France et l’Algérie (il est français de parents algérien et marocain, ndlr). Ça nous garantit la paix civile pour les quinze prochaines années !

jhm quotidien : Votre dernière venue à Saint-Dizier, c’était en septembre 2022. Vous en gardez un bon souvenir ?

M. B. : Je m’en souviens, oui, pour l’avant-première de mon film, « Jack Mimoun et les Secrets de Val Verde » . Le public l’avait très bien accueilli, donc c’était un bon moment. Il ne faut pas que je gâche tout avec mon spectacle. Franchement, j’ai hâte de venir !

jhm quotidien : C’était votre première réalisation. Cette expérience vous a-t-elle servi pour votre spectacle sur scène ?

M. B. : C’est plus simple, plus léger, de se mettre en scène soi-même. C’est de la spontanéité, de la fraîcheur, une part d’impro. Au cinéma, il y a une attente parfois interminable. Il y a tellement d’étapes entre le tournage et la sortie : l’étalonnage, la postsynchronisation… Le cinéma m’a appris à être patient, à prendre du recul. Les deux se complètent.

jhm quotidien : Une tendance sur les réseaux sociaux voudrait que 2026 soit le nouveau 2016. Ça vous irait bien ?

M. B. : Si 2026 me réussit autant que 2016, ça me va. C’était une magnifique année, qui marquait la fin de mon premier one-man-show et mon premier gros succès au cinéma avec « Pattaya » . Franck Gastambide misait sur 300 ou 400 000 entrées et on a fait 2 millions, en faisant même un meilleur démarrage en France que « The Revenant » . Si 2026 me sourit autant… « Si Les Guignols étaient là, on se sentirait moins seuls » jhm quotidien : En dix ans, votre carrière et votre vie ont changé. On imagine que ça se ressent dans votre spectacle, dans les thèmes que vous abordez.

M. B. : Bien sûr. Je sais où je veux aller, je suis serein. Je prends le temps pour faire des choses avec lesquelles je me sens aligné, en adéquation. Je ne veux plus additionner les projets, remplir des cases. Ce nouveau spectacle, c’est de l’orfèvrerie. On est passé du fast-food au gastro, à l’étoilé.

jhm quotidien : Que doit-on s’attendre à voir dans ce spectacle ?

M. B. : J’ai pris le temps de vivre avant de le monter. Je voulais être sincère avec le public. Je prends les spectateurs par la main et je les emmène dans les coulisses du milieu de la scène, du cinéma. J’aborde aussi le thème de la dépression, du harcèlement scolaire. Attendez-vous à pleurer, à rire, et à pleurer de rire.

jhm quotidien : Vous avez vécu une dépression. Quel message souhaitez-vous transmettre ?

M. B. : Pour ma part, la scène a eu une vertu thérapeutique. Mon public m’a aidé à aller mieux. Toucher le fond, ce n’est pas grave. Le problème, c’est d’y rester. Si on ne veut plus revivre ces moments, on doit se reconstruire. Il faut se faire aider.

jhm quotidien : Vous explorez davantage la parodie. C’est votre nouvelle signature ?

M. B. : La parodie, c’est un art noble. Le genre s’est un peu perdu, depuis Les Inconnus. On manque aussi des Guignols, pour prendre du recul sur la folie du monde dans lequel on vit. Si Les Guignols étaient là, on se sentirait moins seuls. Je pense qu’une majorité silencieuse souffre de cette folie et ressent le besoin de dédramatiser les informations. On a aussi moins d’humoristes comme Guy Bedos, Desproges, Coluche, dont les sketchs avaient du fond et de la forme. Le fond est oublié aujourd’hui.

Ervan Couderc

e.couderc@jhm.fr

Source de l’article : jhm.fr