Obésité et carences : le Maroc fait face à un paradoxe alimentaire inquiétant

Intitulé « La souveraineté alimentaire au Maroc 2025 » , le rapport alerte sur un « double fardeau sanitaire » , évoquant la propagation de l’obésité et la carence en micronutriments. Une situation qui traduit une transformation profonde du mode de vie des Marocains au cours de la dernière décennie. Avant, les Marocains mangeaient principalement des produits locaux et équilibrés, notamment des céréales, légumes, l’huile d’olive et des légumineuses. Mais avec l’ouverture du pays aux marchés internationaux, les Marocains ont changé leurs habitudes alimentaires, préférant de plus en plus des produits transformés, importés et la restauration rapide. Conséquence, un Marocain consomme en moyenne par jour aujourd’hui près de 3 100 calories, contre 2 400 calories dans les années 1970.

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Ce phénomène a de graves conséquences sur la santé publique, alerte le rapport, précisant que l’obésité entraine des maladies chroniques comme le diabète, les problèmes cardiovasculaires et l’hypertension. Ces maladies coûtent de plus en plus cher au système de santé et représentent un fardeau économique et social croissant pour l’État. Pendant que l’obésité prend de l’ampleur, des Marocains souffrent de carences en micronutriments (vitamines et minéraux essentiels). Les groupes vulnérables dont les femmes, les enfants, et les populations des zones rurales sont les plus touchés par ce phénomène. Environ 29,9 % des femmes en âge de procréer sont anémiques, signe d’une carence en fer. Chez les enfants de moins de cinq ans, 15,1 % ont un retard de croissance lié à une malnutrition chronique, et 2,6 % souffrent d’émaciation, relève le rapport.

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Comment expliquer cette situation ? Le rapport pointe du doigt les politiques publiques des dernières décennies, qui ont privilégié les exportations agricoles et la génération de devises, au détriment de la sécurité alimentaire des Marocains. L’Institut marocain d’analyse politique estime que cette approche « commerciale » a affaibli la capacité du royaume à contrôler son système alimentaire et l’a rendu vulnérable aux fluctuations mondiales des prix. Le problème principal n’est pas la quantité de nourriture disponible, mais sa qualité. Le régime alimentaire actuel manque de l’équilibre nécessaire pour assurer une croissance saine des enfants et préserver la santé des adultes, souligne le document.

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Source de l’article : Bladi.net