« Notre vie a été balayée en 1 heure » , 135 CDI, 135 suppressions de postes, la colère des ouvriers de Lisi Automobile
Les salariés de Lisi Automotive, implantée à Puiseux-Pontoise dans le Val-d’Oise depuis 1958 ont appris la fermeture de leur usine en juin prochain. 135 postes seront supprimés annonce la direction pour qui le site n’est plus compétitif. Les salariés se sont mis en grève.
Ce site, comme 4 autres usines françaises du groupe, fabrique des fixations en plastique et en métal, des vis, des écrous destinés à l’assemblage des voitures.
Sur les 153 CDI, 135 postes seront supprimés et 18 emplois de commerciaux transférés sur un site à Saint-Ouen, à une dizaine de kilomètres, explique à l’AFP Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solutions Clippées, branche de Lisi Automotive qui chapeaute l’usine.
Le groupe Lisi, un leader français de la visserie-boulonnerie pour l’automobile et l’aviation coté en Bourse, fait valoir que le site « perdait plusieurs millions d’euros par an depuis 2020 car il n’était pas compétitif » , avec « un écart de prix à 20 à 25% sur la concurrence en Turquie, Inde ou Chine » .
Auprès de ses clients comme Renault, Stellantis ou Mercedes, le site n’est pas parvenu à décrocher de marchés pour les nouveaux modèles automobiles et tourne sur la production d’anciens modèles, plaide la direction. « Le marché automobile européen est durablement impacté depuis 2020, et sous pression, les constructeurs font pression pour baisser les prix sur toute la chaine de production » , a commenté Vincent Quinaux.
Les activités vont être recentrées sur d’autres sites comme en Allemagne, au Maroc ou encore en Hongrie.
Piquet de grève des ouvriers
Informés la semaine dernière de cette décision inattendue, les salariés se sont mis en grève, au moins jusqu’au début des négociations fin janvier. Ils espèrent mettre la pression sur ce groupe pour obtenir une enveloppe de départ. « On a appris la nouvelle mercredi dernier d’une réunion avec la direction. Nos vies ont été balayées en une heure de temps. On nous a expliqué que le site n’était plus compétitif » , explique à notre micro Teddy Pezet, régleur sur presse depuis 21 ans. « On aurait pu prendre un autre virage et essayer de se relever » , regrette-t-il.
Le site est fermé sauvagement alors que le groupe a 9 % de bénéfices cette année.
Fabrice Caron, electromécanicien en grève « Un gros ‘bonnet’ du groupe est venu nous voir, il n’avait pas l’habitude d’être sur notre site, on s’est dit ‘pourquoi, il s’intéresse à notre site’, on s’est dit qu’il y avait quelque chose, il est venu présenter la fermeture du site à nos élus d’un coup comme ça » , ajoute Fabrice Caron, electromécanicien depuis 19 ans dans l’entreprise. « Quand les salariés ont appris la nouvelle, ils se sont écroulés » .
Et de dénoncer : « On nous dit que le site n’est pas rentable, mais en tout cas, nous, ce que l’on voit, c’est qu’on ne le rend pas rentable. » « Le site est fermé sauvagement alors que le groupe a 9 % de bénéfices cette année qu’il a un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard. On est des miettes pour eux, déclare-t-il.
Le groupe assure qu’il proposera à ses salariés des reclassements internes sur ses autres sites, notamment dans la branche aérospatiale, mais ils se trouvent dans d’autres régions, vers Bordeaux, Toulouse et Troie.
C’est la seconde fermeture ce mois-ci dans le secteur, après celle mardi d’une usine de Bosch France dans l’Allier, de 265 salariés.
Source de l’article : France 3 Régions



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