Noël au coin du feu
Les derniers jours ont été cruciaux en matière de politique monétaire. Du côté américain, on savait que la Fed naviguait à vue compte tenu du retard (lié au shutdown) dans la publication des chiffres de l’emploi. Or, une mise à jour importante est intervenue cette semaine. Il apparaît, sans grande surprise, que les créations d’emplois restent faibles. Seuls 64.000 emplois supplémentaires ont été créés en novembre, alors que 105.000 ont été perdus en octobre. Il faut aussi noter que les créations d’emplois sont essentiellement liées au secteur de l’éducation et des soins de santé.
Pour le reste, il n’y a pas grand-chose. En conséquence, le taux de chômage continue d’augmenter (4,6% en novembre), ce qui confirme le ralentissement de la croissance économique américaine, devenue de plus en plus dépendante de la vague d’investissements dans l’intelligence artificielle. Tout ceci alimente le scénario d’une poursuite des baisses de taux par la Fed dans les prochains mois, et ce malgré le rebond temporaire de l’inflation.
La BCE au coin du feu
En zone euro, la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et la conférence de presse qui l’a suivie étaient attendues de pied ferme par les marchés financiers. Au final, il n’y a cependant pas de grande nouvelle: la situation économique est toujours jugée satisfaisante, avec même quelques éléments de surprise positifs, comme la dynamique d’investissement des entreprises, notamment en IA. Par ailleurs, les projections de la BCE ont été adaptées aux dernières données, mais restent globalement optimistes: la croissance économique devrait rester égale ou supérieure à 1,2% en zone euro d’ici 2028, et l’inflation se stabiliserait au niveau voulu, à savoir 2%.
Dans un tel contexte, la BCE ne trouve plus de raison de modifier ses taux directeurs, ni à la hausse ni à la baisse. Tout en répétant que ses décisions futures seront liées à l’évolution des données, la BCE prévoit donc de passer Noël dans un fauteuil confortable près d’un feu qui crépite, baignée de la douce lumière du sapin dans le salon et réconfortée par l’odeur des sablés qui cuisent dans le four. Bref, elle (ou plus précisément ses taux d’intérêt) est à la bonne place! En attendant les troubles géopolitiques et financiers de 2026, probablement. Mais soit, ne gâchons pas cet instant…
Source de l’article : Paperjam



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