Nissrine Seffar expose ses œuvres chargées d’histoire à la Galerie 38 de Casablanca
L’exposition, visible jusqu’au 21 février prochain, donne à voir un ensemble d’œuvres mêlant peintures, sculptures, vidéos et installations. Des travaux à travers lesquels Nissrine Seffar explore la mémoire inscrite dans la matière et les empreintes laissées par les territoires, entre la mer et le désert. L’exposition propose une cartographie sensible où se croisent histoire collective, traces invisibles et gestes artistiques profondément incarnés.
Dans une déclaration à la MAP, l’artiste a indiqué que les œuvres présentées sont issues de plusieurs années de recherche, réunies autour d’un même questionnement : la mémoire inscrite dans la matière. « Au cœur de mon projet, deux territoires entrent en résonance : la mer du Nord et le désert du Maroc. Dans ces espaces a priori éloignés, le sol agit comme une mémoire vivante. Par strates successives, il conserve les empreintes d’une histoire collective tout en laissant émerger la possibilité d’un renouveau » , a-t-elle expliqué, avant d’ajouter que l’exposition propose une exploration des traces visibles et invisibles que l’Histoire imprime dans les paysages et les matières.
Pour cette artiste de terrain et de matière, le sable et le sel deviennent alors des matières-mémoire, des archives sensibles, traversant le temps tels des fossiles contemporains et reliant le passé à notre présent.
Sur sa démarche artistique, on apprend d’elle que les toiles sont d’abord façonnées sur site : immergées dans la mer ou déposées directement sur le sol, afin d’enregistrer physiquement les particules, les vents et les traces invisibles des lieux.
En atelier, ces empreintes brutes sont retravaillées par superpositions successives, selon un processus proche de l’estampe ou de la gravure, révélant une profondeur visuelle et une mémoire géologique et sensible du territoire. Les formes géométriques qui apparaissent dans les œuvres proviennent directement des paysages : lignes d’horizon, tracés du rivage, structures du sol. Réduites parfois à de simples coordonnées, elles fonctionnent comme des relevés topographiques, matérialisant ce que le sol retient et ce que le temps dépose. Les sculptures, vidéos et installations prolongent cette réflexion.
Née en 1983 à Fès, Nissrine Seffar vit et travaille entre le Maroc et la France. Elle a fait ses études aux Beaux-Arts à Casablanca où elle dispose d’un atelier dans lequel elle peut notamment s’adonner à sa deuxième spécialité en dehors de la peinture : le verre soufflé.
Au cœur de son œuvre, se trouve une recherche autour de l’empreinte comme écriture du temps, qu’elle aborde à travers la collecte de terres, de poussières, de matières organiques (dont la cervelle animale), ou par des dispositifs rituels de contact avec les sols marqués par la guerre, la migration ou encore la disparition.
MAP
Source de l’article : Consonews



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