Nigeria-Maroc : « impressionnants » , au bord du boycott et absents du futur Mondial… La CAN paradoxale des Nigérians
« C’était assez impressionnant, mais ça fait un moment que c’est impressionnant. » Eric Chelle pouvait savourer samedi dernier. Ses joueurs venaient de surclasser pendant 90 minutes l’Algérie, en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (0-2). « On était dépassés de toute part » , a reconnu le sélectionneur Vladimir Petkovic, saluant un Nigeria « coriace » qui a « dominé sur le plan physique » . Un rouleau compresseur qui a pourtant failli ne jamais se présenter au stade de Marrakech.
Les Super Eagles avaient menacé de ne pas s’entraîner à deux jours du match contre les Fennecs, voire de ne pas se présenter à la rencontre. En cause : des primes que la Fédération nigériane de football leur devait après chaque match et qui n’avaient toujours pas été versées. Ce ne sont pourtant pas les résultats qui avaient fait défaut jusqu’ici : trois victoires en phase de groupes et un récital face au Mozambique en 8e de finale (4-0).
Les primes non versées, un problème récurrent « J’ai poussé l’équipe à s’entraîner et jouer contre l’Algérie. Je le fais depuis notre deuxième match. Je me suis engagé auprès du staff et des joueurs : je paierai de ma poche les primes si la direction ne le fait pas d’ici samedi » , avait promis le capitaine Wilfred Ndidi, alors que le gouvernement se mobilisait pour s’assurer que les primes soient bien versées. Ce n’est pas la première fois que la sélection nigériane connaissait pareille mésaventure.
En novembre dernier, pour les mêmes raisons, elle avait boycotté un entraînement en plein cœur des barrages de la zone Afrique pour la Coupe du monde 2026. Selon ESPN, certains montants remontaient à 2019. L’équipe féminine avait connu des soucis identiques, saisissant la FIFPRO, le syndicat des joueurs et joueuses pros, après son élimination en 8es de finale du Mondial 2023.
C’est tout le paradoxe du Nigeria, en proie à des soucis structurels mais souvent au rendez-vous sur le terrain. Entre 1998 et 2018, il a participé à six des sept Coupes du monde, atteignant trois fois les 8es de finale. À la CAN, sur les 18 dernières éditions, 13 fois le Nigeria a goûté au dernier carré. « L’objectif fixé à Eric Chelle est d’atteindre la finale de la CAN » , annonçait le mois dernier Ibrahim Gusau, président de la Fédération, sur les ondes d’Eagles FM.
Le paradoxe des Super Eagles, c’est aussi d’être, jusqu’ici, l’équipe qui a fait la meilleure impression à la CAN, et d’être privée de Coupe du monde 2026. La République démocratique du Congo avait créé la surprise en novembre (1-1, 4-3 aux tirs au but), se qualifiant pour les barrages intercontinentaux prévus en mars prochain. « Une déception profonde et d’une grande intensité émotionnelle » selon la Fédération, mais que l’équipe a su digérer.
La colère d’Osimhen, symbole de l’importance du collectif
Elle repose sur un groupe « exceptionnel sur le plan physique, en termes d’intensité, d’agressivité, ils sont en pleine bourre » , comme l’a décrit Chelle. Elle est aussi animée par une rigueur quasi militaire. À la 63e minute du match contre le Mozambique, avec un suspense déjà plié (3-0), Ademola Lookman a oublié Victor Osimhen sur une action de but. « Hey, c’est un jeu d’équipe ! » , a hurlé à plusieurs reprises ce dernier, qui avait pourtant déjà reçu deux passes décisives de Lookman.
Furibond, Osimhen a boudé la célébration de l’équipe après sa victoire. Le tandem nigérian, qui met au supplice les défenses africaines (7 buts et 6 passes décisives à eux deux), s’est vite rabiboché. La forme était brusque, mais le message d’Osimhen était précieux : le collectif passe avant tout.
Source de l’article : Le Figaro



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