Minerais critiques : à Washington, Bourita appelle à un « pacte de loyauté » et à des partenariats fiables

Minerais critiques : à Washington, Bourita appelle à un « pacte de loyauté » et à des partenariats fiables

Le 4 février 2026, à Washington, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a participé à une réunion ministérielle organisée par le Secrétaire d’État américain Marco Rubio, consacrée aux minerais critiques. En présence du vice-président américain JD Vance lors de l’ouverture, les échanges ont porté sur la sécurisation et la diversification des chaînes d’approvisionnement, ainsi que sur les investissements et les mécanismes de prix plancher, sur fond d’appel marocain à une coopération fondée sur la confiance, la transparence et l’équilibre souverain.

L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur les solutions permettant de sécuriser et de diversifier les chaînes d’approvisionnement, dans un contexte où la transition énergétique, les technologies numériques et de nombreuses industries stratégiques dépendent de ces ressources. Les discussions se sont focalisées sur les investissements dans les minerais critiques et sur les mécanismes de prix plancher.

Dans son allocution, Nasser Bourita a mis en avant la place que le Maroc entend occuper dans ce dossier. Sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a-t-il déclaré, le Royaume du Maroc offre une pertinence géostratégique incontestable, une visibilité attractive et un partenariat responsable en matière de minerais critiques. Il a rattaché cette position au positionnement géographique du Maroc, aux ressources et aux infrastructures dont il dispose, ainsi qu’à sa fiabilité et sa stabilité politiques.

Le ministre a ensuite insisté sur une idée directrice. Le monde d’aujourd’hui, a-t-il souligné, ne manque pas de minéraux ni de terres rares. Ce qui lui manque, c’est un développement responsable, un langage de confiance entre les nations, des cadres transparents où le partenariat remplace la dépendance et des chaînes de valeur qui répartissent la prospérité plutôt que de concentrer les risques.

Dans cette logique, Nasser Bourita a appelé à un pacte de loyauté entre producteurs, transformateurs et utilisateurs, fondé non pas sur l’idéologie, mais sur le respect stratégique et l’équilibre souverain. Il a estimé que l’Afrique devrait être au cœur de cette chaîne productive.

Le ministre a appelé à un pacte de loyauté entre producteurs, transformateurs et utilisateurs, fondé non pas sur l’idéologie, mais sur le respect stratégique et l’équilibre souverain. Il a ajouté que l’Afrique devrait être au cœur de ce pacte, rappelant que Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait souligné, dans un message royal adressé aux participants à l’édition 2025 du Forum Ibrahim Governance Weekend, que le continent, avec 40 pour cent des réserves mondiales de matières premières et 30 pour cent des minéraux critiques, ainsi qu’un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques, ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières.

Il a également mis en avant la nécessité de l’investissement dans les infrastructures, les compétences et la gouvernance de l’Afrique afin de transformer ses richesses naturelles en croissance économique durable, en création d’emplois et en prospérité à long terme pour ses populations.

Sur le diagnostic global, Nasser Bourita a précisé que la mondialisation minière actuelle n’est ni libre, ni équitable, ni résiliente. Il a ajouté que cette mondialisation a transformé ce qui devrait être un bien commun pour le progrès mondial en instrument de pression unilatérale. Il ne s’agit pas simplement, a-t-il insisté, d’un problème de chaîne d’approvisionnement, mais d’un déséquilibre structurel.

En conclusion, il a formulé un appel qui résume la ligne défendue par le Maroc : « Si ce siècle doit être marqué par les minerais critiques, qu’il soit aussi celui des partenariats fiables, du respect mutuel et d’une stabilité partagée » .

La réunion a rassemblé des ministres des Affaires étrangères et de hauts responsables de plus d’une cinquantaine de pays. Parmi les délégations citées figurent notamment l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, la Jordanie, le Bahreïn, Oman, ainsi que plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Norvège et la Suède. Le format a également réuni de grands partenaires asiatiques, dont l’Inde, le Japon, la République de Corée et Singapour, ainsi que des pays des Amériques et du Pacifique comme l’Argentine, le Brésil, le Mexique et l’Australie.

Source de l’article : Industrie du Maroc

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