Mesure sur la sardine : les conserveries espagnoles sur le qui-vive

La décision de Rabat d’interdire l’exportation de la sardine congelée à partir du 1er février 2026 fait monter l’inquiétude en Espagne. Pour un secteur de la conserve très dépendant des approvisionnements marocains, cette mesure ravive le spectre d’une pénurie de matière première et met sous pression une filière déjà fragilisée.

En Espagne, l’annonce a été accueillie comme un signal d’alerte majeur pour l’industrie conserverie. Selon elconfidencialdigital.com, les organisations professionnelles du secteur estiment que cette décision pourrait désorganiser l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, en particulier dans des régions comme la Galice et l’Andalousie, où la sardine occupe une place centrale dans l’activité agroalimentaire et l’emploi industriel.

Les inquiétudes exprimées par les industriels reposent sur une forte dépendance structurelle. Le Maroc s’est imposé ces dernières années comme le principal fournisseur extérieur de sardine congelée pour l’Espagne et, plus largement, pour le marché européen. Cette concentration des sources d’approvisionnement laisse peu d’alternatives à court terme et rend les conserveries espagnoles très sensibles aux choix de politique commerciale opérés à Rabat.

Toujours selon le média espagnol elconfidencialdigital.com, la crainte dominante au sein du secteur est celle d’un effet domino. Une interruption des exportations marocaines, même temporaire, pourrait entraîner des ralentissements de production, une hausse des coûts d’approvisionnement et une pression accrue sur les prix des produits finis. Certains acteurs évoquent également un risque direct sur l’emploi dans les bassins industriels les plus spécialisés.

Du côté marocain, les autorités expliquent cette mesure par la nécessité de renforcer l’approvisionnement du marché national et de maintenir les prix du poisson à des niveaux jugés acceptables. La secrétaire d’État chargée de la pêche maritime, Zakya Driouich, a souligné que les prix restent dépendants de plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques, les coûts des sorties en mer, les exigences liées à la chaîne du froid ainsi que les marges pratiquées par les intermédiaires et les détaillants.

Cette justification, centrée sur la stabilité du marché intérieur, est perçue avec prudence en Espagne. Les représentants du secteur conserverie redoutent que cette interdiction, annoncée comme temporaire, ne s’inscrive dans une dynamique plus durable de recentrage du Maroc sur sa consommation nationale et sur la transformation locale de ses ressources halieutiques, réduisant à terme les volumes disponibles pour l’exportation vers l’Espagne et l’Union européenne.

Il est à noter que le Maroc a enregistré, au cours des dernières années, une baisse significative de ses débarquements de sardine, passant d’environ 965 000 tonnes en 2022 à près de 525 000 tonnes en 2024. Cette diminution a accentué la pression sur l’approvisionnement national et a limité les volumes disponibles pour l’exportation tout au long de 2025. Malgré cette contraction, le Royaume a continué à expédier une part importante de sa production, avec plus de 15 000 tonnes de sardines en conserve acheminées vers les marchés européens, asiatiques et du Moyen-Orient, confirmant sa position de leader mondial dans ce segment.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc